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Ce
disque fait figure d'OVNI dans la mesure où l'on peut raisonnablement
affirmer que Melek-Tha est avec Elend le seul groupe français
signé à pouvoir rivaliser avec les productions scandinaves en
matière de musique dark-indus-symphonique. Si Elend oeuvre dans
le registre du néo classique pur et dur, Melek-Tha est lui plutôt
tourné vers l'ambiant-orchestral, un peu à la façon de Raison
d'Etre. Ce disque est le premier de ce "one-man-project" qui
a depuis sorti un certain nombre d'autres enregistrements sur
des labels plus adaptés à son style, et notamment chez Cold
Spring qui héberge également Archon Satani. La première approche
est relativement aride dans la mesure où l'ensemble est très
froid et peu porté sur la mélodie. Par la suite, on s'aperçoit
que tout ceci est très construit et qu'un grand travail a été
réalisé sur l'assemblage de sons concrets. La toile de fond
consiste en de lointains arrangements orchestraux (enfin, c'est
du synthétique, évidemment) sur lesquels ont été greffés des
sonorités lugubres qui font irrémédiablement penser à la bande-son
de l'après-apocalypse. Il faut faire l'effort de pénétrer cette
musique en plusieurs étapes, en passant de l'écoute distraite
et passive à des écoutes de plus en plus attentives, pour finalement
apprivoiser la bête et pouvoir, du coup, l'écouter d'une oreille
désormais accoutumée. Qui parviendra à ce stade en tirera un
grand plaisir. |