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Déjà
quinze ans d'existence pour ce groupe colombien précurseur en
matière de metal extrême et toujours aucun signe de reconnaissance
notable de la part du public et des médias ! Le manque de promotion
est-il le seul responsable de ce naufrage en bonne et due forme
? Cela est possible, et même certain, mais il est aussi à déplorer
un cruel manque d'originalité et de créativité chez ces sud-américains
pourvoyeurs d'un death metal archi-classique, dans la grande
tradition de ce qui se faisait à la fin des années 80. La stagnation
artistique est donc aussi à l'origine de cet échec et ce n'est
pas, malheureusement, ce nouvel album, quatrième du nom, qui
pourra permettre à Masacre de s'extraire du marécage dans lequel
il s'enfonce, corps et biens, inévitablement depuis plus de
quinze ans. En fait, à l'écoute de ce "Total death", néanmoins
fort bien intitulé, on ne peut qu'éprouver un sentiment de nostalgie
indéniable, qui vous fait revenir deux décennies en arrière,
à l'époque où le death metal cherchait encore ses marques, naviguant
entre le thrash et le heavy, le tout auréolé d'une dimension
occulte encore toute neuve ! Les riffs antédiluviens en attestent
à merveille, la section ryhmique monolithique en est le gage
le plus éclatant et l'ultra-classicisme des structures de chaque
morceau en est le résultat direct… et fort peu probant. Certains
groupes sont à l'aise dans le revival, car ils le font avec
classe et sommes toutes, un minimum vital d'évolution stylistique,
mais dans le cas de Masacre, ce revival dure déjà depuis plus
de quinze ans et il serait peut-être temps de passer à autre
chose.
D'autant plus que cet acharnement stylistique inébranlable n'a
jamais porté ses fruits et qu'il ne suffira, peut-être, qu'à
forcer le respect des plus nostalgiques d'entre nous, encore
(trop) bienveillants à l'égard de ces productions faiblardes,
simplistes et figées dans le temps.
A la lueur de ces faits, ce "Total death" constitue un pseudo
come-back à l'allure de pétard mouillé, qui signe définitivement
et inéluctablement, au vu de la concurrence actuelle impitoyable,
l'arrêt de mort de Masacre.
Adieu l'ami ! |