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Chilien ! Mar de Grises est chilien ! Passée la première surprise, qui au demeurant ne se justifie pas, car après tout, pourquoi pas, on est bien forcé d'admettre que les antipodes peuvent aussi fournir leur lot de bonnes surprises. Ce disque présente ce que l'on pourrait nommer du doom progressif. Progressif, car les morceaux recèlent quelques haltes délicates et troubles pendant lequelles les guitares se font caressantes et aériennes. C'est flagrant sur l'excellent premier titre ("El Otro") qui comporte en son milieu un interlude où piano, guitares et batterie dialoguent délicatement et tristement. Car tout ceci reste tout de même dans un registre sombre du meilleur aloi. Et lorsque l'intermède se clôt, alors, quelle kermesse mes gaillards ! Ce n'est que riffs glauques et chorus entêtants ! Le groupe a cependant le bon goût de ne pas abuser de cette recette progressive et ne se prive pas de balancer quelques titres intégralement métalliques, tels "The saturn fall" ou "Recklessness" qui rappelle ce que produisait Tiamat à l'époque de Wildhoney. Le chanteur alterne chant death glauque et voix claire mesurée, se câlant parfaitement dans les alternances d'ambiances qui font le charme de cet opus qui m'a parfois rappelé dans l'esprit ce que jouaient les génies de Mindrot. Il s'agit là d'une réussite authentique, un disque qui annonce des lendemains qui chantent pour ce groupe au nom étrange et venu d'ailleurs qui doit être dès maintenant placé parmi ceux qui comptent au sein d'une scène doom dès maintenant appelée à trier le bon grain de l'ivraie. |