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MALLEUS MALEFICARUM "Des Bibles, des Hymnes, des Icônes"
(oaken shield)
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"Avoir une sacrée gache"... En Provence, cette expression signifie avoir le bras long. Eh bien, Malleus Maleficarum en a manifestement une, de sacrée gache ! Je saisis bien qu'il est aujourd'hui plutôt mal vu, en tout cas, pas courant, de ne pas se plier en quatre devant ce groupe que les observateurs parent de toutes les vertus dans une unanimité étonnante. C'est pourtant, vous l'avez compris, à cet odieux sacrilège que je m'apprête à procéder. Bon, déjà, il y a le chant. L'utilisation du Français confère toujours, ça se vérifie une fois de plus, une dimension théatrale et prétentieuse au chant, même lorsqu'il est black et strictement inintelligible. Car il n'empêche, la sonorité demeure. Le Français est une langue de donneurs de leçon et de verbeux... Il ne se chante pas, mais se déclame. Il est fait pour le théatre ou la tribune de l'ONU... manifestement pas pour le black. Surtout quand il est au service de mots pompeux tels que "La chambre des souillures", "Ignorance énivrante" ou "La cité des hurlements perdus"... On croirait du Misanthrope ! Mais passons, ce n'est pas le principal, et un disque ne peut pas décemment se critiquer uniquement sur un tel "détail". Non, ce qui gêne le plus est cette espèce d'incapacité à créer de l'ambiance. Ca, pour blaster, ça blaste... Ca hurle, ça breake, ça reprend à 200 à l'heure... Mais le liant est aux abonnés absents. Sans compter, qu'entre nous, tout ceci a déjà été largement entendu ailleurs... On s'ennuie, on ne trouve pas d'attrait spécial. Il y a bien la partie centrale d'"Ignorance énivrante" et son mid tempo avantageux. Il y a bien "Agonie" et "Espoir perdu" et leur constance roborative. Et encore un "Ballet mortuaire", bien foutu... Oui, mais il y a aussi tous ces blasts insipides, et en plus, servis avec un son de caisse claire insupportable (eh oui, je suis deatheux "de formation", je m'attache encore à ce genre de détails...). Et puis, sacrilège suprême que ce que je vais dire là, le chant proprement hurlé de l'un des deux vocalistes est difficilement supportable, car trop outré, trop porté sur une démonstration de haine artificielle. Bref, même si je sais que le black blasté fait partie de ce qui existe légitimement, ici, je ne l'ai que très modérément apprécié. Que le groupe se concentre plutôt sur les quelques idées originales qu'il sème ici ou là, comme cette adjonction de guitare acoustique sur le dernier titre. Là, oui, on trippe un peu. Sinon, à mon goût, point de salut.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - août 2004