Il y a bien de cela six ou sept ans, si je ne m’abuse, ce qui ne nous rajeunis pas, j’avais reçu dans ma chère boîte aux lettres qui n’en demandait pas tant, la première démo de Lex Talionis. Le contenu était clair : du bruit. Du bruit de la première à la dernière note, du bruit prompt à effrayer n’importe quel groupe de grindcore soucieux de faire encore plus de bruit que son voisin, pourtant déjà très bruyant. Pour vous donner un ordre d’idée, Lex Talionis symbolisait alors la rencontre entre un marteau-piqueur déchaîné et une tondeuse affamée, le tout enregistré dans une machine à laver bon marché en état de grâce.
De l’eau a coulé sous les ponts, deux albums ont suivi (« Inhuman violence » et « Supreme agression » pour les plus curieux d’entre vous), accueillis visiblement chaleureusement selon la biographie. Les choses ont donc évolué dans le bon sens !
Je tiens quand même à rassurer les têtes brûlées qui seraient tentées de jeter une oreille sur ce disque : Lex Talionis reste inaudible pour 99,9% des humains normalement constitués, mais cette réunion de doux dingues a considérablement affiné sa production et mûri ses aptitudes techniques ! Pourtant, je reste toujours aussi peu sensible à cet alignement de riffs sans âme, doublés par une boîte à rythme, euh pardon batterie électronique ivre de vitesse et sans repères apparents, censés incarner une vision robotique, désincarnée et inhumaine de ce cher métal, qui prend un coup derrière la nuque soit dit en passant !
Pour en revenir à Lex Talionis, j’ai peut-être un début d’explication : deux des membres de ce groupe jouent dans un groupe de free-jazz, peut-être que ceux-ci essaient d’adapter ses préceptes à leur métal extrême ? Pourquoi pas après tout ?
En ce qui me concerne, j’ai dû prendre un coup de vieux car je reste profondément hermétique à cet hybride inqualifiable, à mon sens plus proche du noise-industriel que du métal extrême.
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