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LAIBACH "Nova Akropola"
(cherry records)
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Le seul nom de Laibach est en soit une provocation. "Laibach" était en effet à l'époque austro-hongroise le nom allemand de Ljubljana, capitale de la Slovénie. Dans ces conditions, être Yougoslave et donner ce nom à un groupe en 1980, alors que la Yougoslavie était encore communiste, ne manquait ni de piquant, ni d'audace. Comme beaucoup de fans de death-metal, c'est en lisant les crédits des albums de Morbid Angel que je découvris l'existence de Laibach. Je ne fus pas déçu et surtout pas par cet album. Ce "Nova Akropola" est en effet ce que le groupe a produit de plus éclairé. A ce propos, soyons clairs. Bien que la maison de disque utilise le terme de "compilation", il n'en demeure pas moins que tous les titres de ce disque sont soit de vrais inédits, soit des versions inédites, et très différentes, de morceaux se retrouvant sur d'autres disques. Ce disque doit donc être acheté. Il est, à mon sens l'album dans lequel Laibach mêle le plus habilement les deux extrêmités de sa musique : grandiloquence et minimalisme.
Grandiloquence des orchestrations classiques dans "Die Liebe" ou "Vojna Poema". Minimalisme des rythmes dans "Vier personnen" ou "Decree". Ajoutez à ceci une approche totalement mystique ("Vade retro" et son exorcisme live) et vous comprendrez pourquoi les oeuvres des aliénés qui hantent la maison Cold Meat se réfèrent autant à ce groupe, véritable pierre angulaire de l'industriel européen. Et puis, comme écrit plus haut, il y a dans ce disque le morceau "Die Liebe". Ah, "Die Liebe" ! Ce morceau obsède tous les artistes électro depuis 15 ans. Qui savent d'entrée, à chaque fois qu'ils composent un nouveau morceau, que ce dernier sera forcément moins bon que "Die Liebe", co-mètre étalon du genre avec "Alle gegen alle" de DAF. Ce titre, malgré sa production ultra-cheap, justifie à lui seul l'achat du disque.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002