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Album le plus court de Laibach, ce "Macbeth" est cependant certainement l'oeuvre la plus ambitieuse du groupe qui parvient à y recaser sur un seul morceau de 32 minutes tout ce qu'il a inventé. Le début est durement industriel, avec des rythmes mécaniques martiaux entourés d'une toile symphonique à base de cuivres. L'effet de puissance est saisissant. Vient ensuite se greffer une voix rugueuse qui rappelle un peu le morceau "Nova Akropola" sur l'album du même nom. Puis on continue dans le martial avec une marche militaire agrémentée de cor de chasse. Ambiance garantie. On passe brusquement à des sons très doux, une sorte de berceuse, rapidement éjectée par un retour à la marche militaire. Quel foisonnement ! Les hostilités (c'est le cas de le dire) se poursuivent encore pendant cinq minutes, avec quelques détours bruitistes, puis survient un pur ravissement. Dix minutes classico-atmosphériques, avec des parties chorales époustouflantes. Ou l'on comprend qu'Elend n'a rien inventé dans la relecture des classiques. Reviennent ensuite les cuivres, qui dialoguent un temps avec des cordes. L'album se termine par une reprise des rythmes industriels du début. La boucle est bouclée et Laibach vient de pondre l'album fondateur du courant néo-classique qui fait depuis les beaux jours d'une certaine usine à viande froide scandinave. |