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La
critique rock, majoritairement bien-pensante, n'a jamais pu
supporter Laibach, non pour des raisons musicales, mais pour
des raisons purement politiques, donc très mauvaises. Je signale
au passage que la même imposture se produit avec les Suédois
de Puissance, boycottés par la presse mais soutenus par leurs
fans. Depuis 10 ans, les albums du groupe slovène sont régulièrement
éreintés avec des arrière-pensées tout ce qu'il y a de plus
moches. Pour celui-ci, les critiques rock (qui ne comprennent
rien au metal) ont dit : "Laibach est ridicule, il donne désormais
dans l'électro-métal". C'est oublier un peu vite que Laibach,
en creusant en effet ce style, ne fait que récupérer un peu
de son dû, après avoir influencé de nombreux groupes tels que
Rammstein ou Oomph!. Alors oui, ce disque est très metal. Mais
contrairement à ce que l'on a pu lire, c'est du tout bon. Des
morceaux comme "God is god", "Kingdom of god", "Declaration
of freedom" ou "Message from the black star" sont autant de
belles pièces électro-metalliques, avec en prime cette approche
européenne propre au groupe qui utilise toujours autant les
orchestrations et les choeurs. Par ailleurs, on ne peut rester
insensible à la voix grave et profonde de Milan Fras. Rammstein
lui doit tout. Notons en prime deux reprises hautement réussies
: "Jesus christ superstar" et "The cross" de Prince (putain,
ces choeurs). L'album s'achève avec deux titres totalement conformes
à l'esprit Laibach : le mystique "To the new light" et le biblique
"Deus ex machina". Le bilan me semble donc des plus satisfaisants.
Ce que je veux tenter de démontrer, c'est que Laibach n'est
pas ce groupe de plagiaires ou d'imposteurs pour lequel certains
tentent de le faire passer. Laibach est un groupe c(k)apital
qui a profondément influencé des artistes aussi différents que
Samael et In Slaughter Natives. On peut ne pas aimer, mais alors
qu'on le fasse pour de bonnes raisons. |