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LAIBACH "Jesus Christ Superstars"
(mute - 1996)
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La critique rock, majoritairement bien-pensante, n'a jamais pu supporter Laibach, non pour des raisons musicales, mais pour des raisons purement politiques, donc très mauvaises. Je signale au passage que la même imposture se produit avec les Suédois de Puissance, boycottés par la presse mais soutenus par leurs fans. Depuis 10 ans, les albums du groupe slovène sont régulièrement éreintés avec des arrière-pensées tout ce qu'il y a de plus moches. Pour celui-ci, les critiques rock (qui ne comprennent rien au metal) ont dit : "Laibach est ridicule, il donne désormais dans l'électro-métal". C'est oublier un peu vite que Laibach, en creusant en effet ce style, ne fait que récupérer un peu de son dû, après avoir influencé de nombreux groupes tels que Rammstein ou Oomph!. Alors oui, ce disque est très metal. Mais contrairement à ce que l'on a pu lire, c'est du tout bon. Des morceaux comme "God is god", "Kingdom of god", "Declaration of freedom" ou "Message from the black star" sont autant de belles pièces électro-metalliques, avec en prime cette approche européenne propre au groupe qui utilise toujours autant les orchestrations et les choeurs. Par ailleurs, on ne peut rester insensible à la voix grave et profonde de Milan Fras. Rammstein lui doit tout. Notons en prime deux reprises hautement réussies : "Jesus christ superstar" et "The cross" de Prince (putain, ces choeurs). L'album s'achève avec deux titres totalement conformes à l'esprit Laibach : le mystique "To the new light" et le biblique "Deus ex machina". Le bilan me semble donc des plus satisfaisants. Ce que je veux tenter de démontrer, c'est que Laibach n'est pas ce groupe de plagiaires ou d'imposteurs pour lequel certains tentent de le faire passer. Laibach est un groupe c(k)apital qui a profondément influencé des artistes aussi différents que Samael et In Slaughter Natives. On peut ne pas aimer, mais alors qu'on le fasse pour de bonnes raisons.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002