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Puisque j'ai entamé avec SUP le douloureux chapitre des groupes injustement méconnus, continuons allègrement avec Kill The Thrill. Ce groupe français excelle dans un registre industriel-post-rock froid et angoissant. Ce disque est leur premier album et il s'agit déjà d'un coup de maître. Enregistré dans les fameux studios des Forces Motrices de Genève, antre des Young Gods, ce "Dig" a tout du monstre froid et impitoyable. Pour avoir vu le groupe en concert (première partie de Godflesh : aïe les oreilles), je puis dire que la puissance qui se dégage de cet album n'est pas due uniquement au recours aux studios sus-visés. Ces trois personnes possèdent en effet une force de caractère assez marquée, une volonté de fer (et de faire), une rage d'aller au bout de leurs idées, coûte que coûte. C'est ainsi que le groupe ne recule ici devant aucun sacrifice pour restituer cette sensation de mal-être à tendance claustro qui l'inspire. L'intérêt de leur musique est de ne point trop pomper sur qui que se soit, ce qui est assez rare dans l'indus, genre dans lequel les références sont assez marquées : Godflesh, Ministry, Nine Inch Nails. Ici, si l'on excepte un climat qui rappelle celui des Swans, point d'appel du pied ouvert aux fans de tel ou tel supergroupe. Kill The Thrill creuse son propre sillon fait de déluge de guitares hurlantes, de chant désespéré et de rythmes crus. D'ailleurs, cette crudité est telle que l'on pourrait presque parler de hardcore industriel. Hasard ou nécessité, il n'est pas inutile de noter le nombre impressionnant de groupes indus qui, depuis, sonnent comme Kill The Thrill. Je suis certain qu'une majorité ne les a jamais écoutés. Ce qui prouve à quel point Kill The Thrill a su capter l'essence même de l'indus. |