Désormais
sur Candlelight (qui pratique décidément ces temps-ci une
bien belle moisson !), Khold ne dévie pas d'un iota de la
voie "groovy" qu'il emprunte depuis ses débuts. Peut-être
ce disque est-il celui qui marque le plus cette volonté de
montrer que le black peut être intelligible sans recourir
au cirque symphonique qui l'étrangle trop souvent.
Khold suit en fait en tous points les préceptes appliqués
par son mentor Satyr sur "Volcano", et les dépasse même dans
une espèce de musique dark à laquelle le mot "rock" peut désormais
être accolé sans peur de commettre une hérésie.
Pas "true" pour un sou, ce disque excellemment produit vise
manifestement très haut en matière d'ambition conquérante.
Khold a vraiment décidé de devenir à terme le groupe de black
n 1 pour le cas où Satyricon se mettrait subitement à la polka.
Khold est un peu à ce que Satyricon ce que Barichello est
à Schumacher : un "gregario" prêt à immédiatement reprendre
le flambeau si le leader venait à avoir l'accident bête.
En
attendant, ce disque, qui ne manquera pas d'être critiqué
par tous les méchants brevetés, fait très efficacement son
petit effet, avec ses parties lentes que n'aurait pas reniées
un Saint Vitus et son ambiance froide et martiale. La qualité
des riffs est bien sûr conforme aux standards habituels du
groupe, avec leur lourdeur incroyable et leur grain taillé
dans le granit, la basse corrosive finissant de donner au
tout cette saveur désormais bien particulière de cendre.
Si
acheter un disque doit pour vous nécessairement constituer
un acte de bravoure poilue, une adhésion à un mouvement occulte
et un défi à l'ordre établi, celui-ci ne fera pas forcément
l'affaire…Mais si vous recherchez la qualité objective d'une
impressionnante somme de riffs mammouthesque, il est pour
vous.