La
France aurait-elle enfin trouvé le groupe qui la placera sur
la scène Metal européenne ? On se prend à rêver avec Karelia,
signé sur le label allemand Drakkar et qui sort là son second
album.
Autant le dire tout de suite, il a fallu que j'attende jusqu'à
aujourd'hui pour écouter un groupe français mélodique sans
trouver un défaut qui le plombe par rapport à la concurrence
internationale : le miracle a enfin eu lieu (mieux vaut tard…)
et "Raise" mérite de ce seul fait toute votre attention :
la production est excellente, les arrangements variés et plutôt
bien amenés (mention spéciale pour les chœurs à la Therion),
les compos tiennent la route, et les musiciens n'ont rien
à envier à personne.
Cerise sur le gâteau, le chanteur Matthieu Kleiber chante
parfaitement en anglais, et met ainsi fin à 25 années ininterrompues
de Metal français à chant clair synonyme d'accent franchouillard
: qu'on lui file une médaille sans tarder, je n'espérais plus
que cela arriverait un jour. Le bougre possède de plus une
sacrée voix, et sa prestation impeccable fait penser aux références
incontournables que sont Conception ou Kamelot, et parfois
à Eric Clayton (Saviour Machine). Et en effet, musicalement,
Karelia se situe à la croisée des scènes gothic-metal (les
arrangements et les claviers) et power mélodique (les rythmiques
et le chant).
On notera enfin la reprise (assez dispensable) de "High Hopes"
de Pink Floyd en clotûre de l'album.
Seul
véritable regret mais d'importance : outre un artwork percutant,
il manque à Karelia le petit quelque chose qui ferait passer
"Raise" de la catégorie "album bien fait" à celle de "album
qui marque les esprits". Mais ne chipotons pas, Karelia est
assurément sur la bonne voie. Jetez une oreille sur "Raise",
nous on attend déjà le prochain avec impatience.