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KAMELOT "Epica"
(sanctuary - noise/ nts)
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Depuis 1998, année de sortie du troisième album du groupe " Siege Perilous ", la rencontre du guitariste Thomas Youngblood et du chanteur de Conception, Roy Khan, marqua un virage important dans l'histoire de Kamelot. Ce viking aux allures plus que discrètes mais au talent immense fit prendre au groupe américain une ampleur jusqu'ici insoupçonnable, et c'est avec l'album suivant, " The 4th Legacy " que leur destin fut scellé. L'entente américano-norvégienne était née ! Kamelot s'en trouva propulsé au niveau international ! Si "Karma", l'opus qui suivi, se mit à sombrer presque fatalement dans une facilité toute aussi déconcertante, les fans, eux, manifestèrent leur mécontentement en leur faisant savoir qu'ils attendaient quelque chose de plus consistant à se mettre sous la dent. Pour ce sixième album et quatrième avec le Seigneur Roy Khan aux commandes, une seule remarque est à faire : attention les yeux !!! Explorant le Faust de Goethe sous forme d'un concept-album, cet "Epica", fera date dans le milieu du heavy-metal mélodique. Le sujet pouvait effectivement paraître quelque peu ardu, mais c'est un somptueux puzzle qui a prit forme et chaque morceau s'embrique à la perfection. Ici rien n'est superflu, rien n'a été fait au hasard, tout est d'une efficacité aussi persuasive qu'expéditive, dans le sens où la valeur intrinsèque de chaque musicien y est représentée. Les mélodies n'ont jamais été aussi limpide, aussi pures ! L'émotion que dégage chaque titre est orchestré de telle manière que l'intégrité du groupe s'est subitement métamorphosée en une entité indivisible. Plus épique et plus heavy que ses prédécesseurs, " Epica " anéantit d'un seul tenant toute trace du scepticisme qu'avait pu laissé " Karma " dans son sillage. C'est dans une atmosphère bienfaitrice, entraînante et vivifiante que la voix chaleureusement feutrée et sensuelle de Khan ("Center Of The Universe", "Farewell", "The Edge Of Paradise", "Wander" et "Descent Of The Archangel") dirige harmonies et mélodies ambitieuses. Comme si cela n'était pas suffisant, viennent se greffer sur certains de ces joyaux d'envoûtants choeurs féminins (merci Mari !) ainsi que des parties orchestrales réellement somptueuses ! Vous l'aurez compris, Kamelot sort ici l'édifice de sa consécration. A la fois corrosives et percutantes, les guitares viennent s'associer à la haute technicité de cette oeuvre manifestement grandiose. " Epica " est tout simplement d'un niveau de conception et d'interprétation exceptionnel, permettant à quiconque d'y trouver, non seulement son compte, mais aussi un réel bonheur ! Je terminerais par dire que cette galette à la pochette sublime n'a pas été réalisée par des musiciens, mais bien par des chirurgiens, tant la précision est minutieuse. Le symbole d'une totale symbiose !!!!!!!
 
Michael Duval
Decibels Storm - février 2003