

Judas Priest - "Ram It Down"
En farfouillant dans mes vieilleries, je suis tombé nez à nez avec cet album des Judas Priest ; je ne suis pas le meilleur fan qu'il puisse y avoir pour ce groupe, mais c'est une formation qui m'a intéressé à un moment donné de leur carrière.
Judas Priest demeure, pour pas mal de monde et surtout pour ceux qui ont passé la quarantaine, un groupe phare de la New Wave of British Heavy Metal (NWOBHM). Personnellement, bien que je ne sois plus tout jeune non plus, Judas n'a pas été pour moi une grosse référence. Les tous premiers albums, je n'y ai pas goûté pour cause d'être né plus tard. Les premiers que j'ai écoutés, c'était « British Steel » et le « Priest...live ». Mais cette découverte ne s'est pas faite en 1980 et 1987, dates de sortie respectives de ces 2 opus, elle a eu lieu en 1989.
Après avoir écouté « Breaking the law », je me suis un peu penché sur ce groupe qui, pour moi, représentait le heavy metal dans toute sa splendeur.
Donc, en cette année 1989, lors d'un voyage familial, je me trouvais au « Pas de la case » (pour ceux qui connaissent, en Andorre en fait) où, avec mon frère, nous avions acheté Chastain « Ruler of the wasteland », Warlock « Burning the witches » et « Triumph and agony », ainsi que le cultissime picture-disc de Bolt Thrower « Realm of chaos », le tout en vinyls, attention !! Et ne voilà-t-il pas que, un an après la sortie de ce « Ram It down » (que je ne connaissais que par leur reprise dont nous parlerons tout à l'heure), je tombe sur cet album...
Même si je n'ai pas suivi toute la discographie du groupe, « Ram It down » fait partie du quarté indispensable avec, en premier, l'incontournable « Painkiller » et ensuite « Screaming for vengeance » et « Turbo ».
Ce qui m'a attiré, c'est cette couleur dans les tons de bleu, où ce bras en fer métallisé vient percuter la Terre en produisant des étincelles. Ce genre de pochette à l'époque faisait l'unanimité, même si maintenant cela peut faire rire (voir les pochettes comme celle de Running Wild « Gates to purgatory »).
Pour ceux qui ont raté cet album, il est bon de savoir qu'il a été réédité en 2001.
Enfin, à l'écoute de celui-ci, Judas Priest a commencé véritablement à être un peu plus agressif qu'ils ne l'avaient été par le passé. Leur heavy metal a beaucoup plus de pêche, les guitares sont plus violentes et la batterie plus rapide.
On commence avec une mise en bouche qui met en avant le chant reconnaissable du sieur Halford puisque celui nous offre un hurlement de présentation sur le premier morceau qui porte le nom de l'album. Le refrain martèle, les guitares sont heavy agrémentées d'envolées aigües. Le truc en plus sur cette chanson, c'est le break beaucoup plus accessible avec une mélodie un peu à la Van Halen et des soli de démonstration. Du nectar, tout simplement...
Le tempo se ralentit immédiatement avec « Heavy Metal » qui propose plutôt une rythmique plus hard/rock, plus rock'n'roll, plus proche des anciens Judas avec cette touche de nouveauté qui rend plus puissantes leurs nouvelles compos de l'époque.
« Love Zone » est du même acabit, une chanson de rebelle avec des influences à la AC/DC.
La grande surprise sur « Ram It down » c'est « Hard as iron »... Car on peut retourner l'album dans tous les sens, on peut écouter tous les autres albums, et je n'en démordrai pas, lorsqu'on écoute cette chanson, les premiers riffs, ce sont exactement ceux qu'utilisent tous les groupes de death mélodique ou de core mélodique.
La batterie et les guitares de ce morceau, c'est le début, le tout début de ce qui a pu devenir maintenant les riffs de death mélodique. Ce morceau est divinement au-dessus de tous les autres de l'album. Effectivement, on est en 1988, alors il faut bien remettre les choses dans leur contexte et se caler par rapport à la période, mais si le chant d'Halford n'était pas celui-là et qu'il était guttural, bien que l'influence heavy soit là, je peux vous dire que cette chanson, c'est de la bombe, du mélodique rapide à souhait. Je conseille à tous de s'y replonger ou de la découvrir, les mélodies sont véritablement avant-gardistes pour l'époque et surtout pour Judas Priest.
Aussi, ce qui fait le grand intérêt de « Ram it down », c'est le calcul intelligent de la position des chansons: après la destructrice « Hard as iron », ils nous ont mis la lente et puissante « Blood red skies ». Ce titre se compose de plusieurs phases: une intro lente suivie d'une rythmique et d'une ambiance qui montent en puissance (on dirait une musique de films des années 80 faite pour les trucs comme Terminator ou autre Mad Max). C'est aussi un des titres les plus efficaces de l'album. Grosse atmosphère et effets puissants sont au programme.
Bon, je vous passe « I'm a rocker » mais, comme je vous le disais tout à l'heure, c'est sur cet opus que nous avons eu droit à l'excellente reprise de Chuck Berry « Johnny B.Goode » qui est restée longtemps dans les annales. On se rappelle de leur clip en noir et blanc, lors d'un concert. La voix de Rob est au top, surtout dans les envolées vers la fin de la chanson.
Il est aussi important de noter que c'est le dernier album avec la présence de Dave Holland à la batterie puisque celui-ci ne fit plus partie du groupe à compter de 1989, remplacé par Scott Travis.
L'album se termine par le dixième morceau qui se nomme « Monsters of Rock », comme le festival du même nom qui était l'équivalent des Wacken et autres Hellfest, mais de 1980 à 1996, à Donington au Royaume Uni, même si celui-ci a été produit dans plusieurs villes sur la planète.
La chanson est à l'image de ce festival. La rythmique lourde et pesante, lente et intense, a parfois des airs de certaines chansons de Manowar.
Voilà, après ce petit flashback dans le heavy des années 80's de Judas Priest, je vous invite à découvrir cet album et surtout la chanson « Hard as iron ». Même si « Ram It Down » n'a pas été cité comme un de leurs meilleurs albums, il l'est en tous les cas pour moi et ses 49 minutes représentent bien ce qu'étaient les années 80's dans le heavy metal anglais.