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« Unusual », premier mini-cd du groupe sorti en 2005, avait annoncé la couleur sans ambages. Synthèse quasi idéale entre machines démoniaques, percussions syncopées et guitares profondément organiques, sorte de croisement inavoué entre un Meshuggah lumineux et un Ministry plus métallique, Jenx frappait fort, très fort et se différenciait de la plupart de ses petits camarades par une approche métallique plus réfléchie, en tout cas plus originale. Quatre petits titres et une grosse déflagration plus tard, fin du premier acte, rideau !
« Fuseless », premier véritable album du groupe, sorti il y a quelques semaines, reprend les choses où il les avait laissées deux ans avant. Plus profondes, les douze compositions possèdent chacune une identité très forte. A l’inverse de nombreux albums « fast-food » où aucune réflexion ni effort de l’auditeur n’est imposé pour en découvrir la profondeur, il sera ici nécessaire d’y plonger sans retenue pour en saisir la subtile quintessence. Les machines sont encore plus inquiétantes que sur le premier opus, les montées en puissance rythmiques plus menaçantes, on sent poindre d’ailleurs le fantôme de Godflesh ici et là, rodant telle la mort à la recherche de nouvelles victimes. Brrr. Les riffs demeurent d’une précision tranchante, l’espace occupé par la batterie-pieuvre s’étend inexorablement, conduisant l’ensemble tel un train lancé à plein régime…dont la destination n’est connue que de son conducteur. L’auditeur est happé dans cet univers hostile dès les premiers accords du bien nommé « Hole » pour ne relever la tête qu’à la fin du morceau bonus « Houses of pain », où le groupe se voit rejoint par les tambours du Bronx pour une alliance tribale qui ressemble fort à une danse diabolique et perverse. Sorte de sabbat inavoué et inavouable.
Fort.
Au final, le maître mot guidant ce « Fuseless » est l’homogénéité. Chaque morceau s’imbrique l’un dans l’autre pour former une œuvre, que dis-je, une fresque fascinante, à la beauté envoûtante et à la puissance destructrice. Ajoutez à tout cela une production de stature « internationale » signée des Conkrete studios et un mastering atomique portant le sceau de l’Autre Studio et vous obtiendrez sans contestation possible la révélation franco-métallique de ce début d’année.
Je n’aurais qu’un mot, allez deux, soyons fous, à adresser à ces chers bordelais qui font tout sauf de la bouillie (attention humour) : « Chapeau bas » ! |