|
Après une intro instrumentale palpitante, l'album s'ouvre sur un titre diabolique, "Ocean size" sur lequel Farrel et Navarro rivalisent de férocité pour faire rugir leurs instruments respectifs, voix et guitare. En règle générale, ce second album est d'une puissance assez hallucinante, le production du grandissime Dave Jerden n'y étant évidemment pas pour rien. Les riffs de Navarro non plus. Si le contexte historique et géographique de la naissance du groupe l'assimilait à la vague glam-décadente de Los Angeles (à ne pas confondre cependant avec ces grosses daubes que furent Warrant ou Poison), ce disque marque nettement son attachement pour des influences plus sûrement situées du côté de Detroit que de Sunset Boulevard. Avec en supplément ce goût pour l'expérimentation qui fera toujours de Jane's Addiction un groupe sans réel concurrent dans son créneau. En témoigne ce superbe morceau dénommé " Ted, just admit it...", longue pièce de plus de sept minutes, sorte de blues destructuré s'achevant dans des tonnerres de guitares thrash-indus que n'aurait pas reniés Voivod, le tout après quelques roulements de percus assénés avec vigueur par le piston humain Stephen Perkins. Et Perry Farrel qui hurle "Sex is violent"... C'est encore Perkins qui se taille la part du lion sur "Standing in the shower...thinking", avec sa batterie syncopée et cataclysmique. Puis le groupe entonne le second hymne de cet album, "Summertime rolls". Après une intro de basse aux airs de comptine effrayante, Navarro incise le tissu délicatement mis en place à coup d'interventions de plus en plus déchirantes, tant en solos qu'en riffs. La cohésion du groupe est à ce moment précis extrêmement impressionnante. D'ici la fin de l'album, Jane's Addiction trouve encore le moyen de pondre deux titres hyper-puissants ("Mountain song" et l'auto-reprise de "Pigs in zen"), un funk clintonien ("Idiots rule") et une ballade acoustique et dynamique ("Jane says"). Cet album est une réussite spectaculaire en ce qu'il parvient à mêler des influences a priori inconciliables : le glam-rock, le punk, le funk, le thrash (le groupe est ami avec Exodus) et le heavy. Et tout ça en 1988. |