 |
T'en veux de l'épopée ? Eh ben, en v'là, par wagons entiers, à t'en dégoûter !
Les Finlandais d'Ikuinen Kaamos se sont manifestement donnés pour objectif de faire les morceaux offrant le rapport durée/rigueur le plus haut possible. Le titre le plus court de ce disque dure 7'31, et deux des autres tapent sans vergogne le cap des 13 minutes ! Autant prévenir tout le monde, on est ici en pleine célébration des cultes combinés d'Opeth, Katatonia et Amorphis, avec des tonnes de guitares, une voix grondante et des raffinements mélodiques tout à fait remarquables. Mais avec cependant, la chose est notable, très peu de solos, ce qui peut constituer à la fois une louable volonté de démarcation et la sensation qu' "on se fout un peu de notre gueule, non mais sans blague !". D'autant que lorsqu'il y en a, des solos de guitare, c'est assez réussi dans le genre expressionniste (la fin de "Ascent"). Mais on ne va pas cracher dans la soupe : ce disque transporte vraiment comme il faut, sans jamais tomber ni dans le mièvre, ni dans l'outrance. Le propos reste remarquablement rugueux d'un bout à l'autre, laissant la mission mélodique à quelques passages acoustiques et de constantes harmonies du meilleur effet. C'est massif tout restant toujours extrêmement musical. C'est tiré au cordeau, inattaquable, chiadé et indiscutable. C'est noir et froid comme une nuit pluvieuse de décembre. Et puis, dans le registre triste et glacé ça change du doom-black dépressif en vogue depuis quelques temps. Dire que ce disque est rafraîchissant pourrait tenir de la litote, puisqu'il est à la vérité glaçant, mais c'est pourtant ça : il nous change de ce qui peut se faire actuellement dans le genre, et en bien en plus !
A essayer, avec peu de risques de déception. |