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Chronique et review de l'album React de Ibogaïne.

Ibogaïne

"React"

(666 productions -- 2008)

pochette de l'album React de Ibogaïneimage élargie - pochette de l'album
Ibogaïne - "React"
Oulà, oulà, oulà, je crois que nous avons ici un extra-terrestre de la planète mars-eille... Bon, je vous passe le cours de bio qui dit que l'ibogaïne est une molécule, bla bla bla bla bla, c'est un truc hallucinogène et le reste vous irez le chercher vous-même dans le Vidal.
En tous les cas ce groupe me donne des frissons tout partout, la découverte de leur musique m'a réconcilié avec la scène core (même si ce n'est pas uniquement que ça), peut-être pas pour toujours mais le temps de ce « React » c'est chose certaine.
Tout d'abord il faut savoir que ce groupe est composé d'ex-membres de combos tels que E-Force, Catacomb, et aussi de membres actuels de groupes tels que Outburst et pas mal d'autres, bref c'est pas des loulous de 15 ans, avec trois poils sur le menton qui se prennent pour des ténors du Metal extrême.
Ensuite le style d' Ibogaïne est totalement personnel et complètement barré, ils arrivent à réunir du thrash, du death, du hardcore, et pleins de plans archi bizarres, des passages funky drum'n'bass..... On sent l'expérience des années à travers leurs morceaux.
S'imposant en véritable ovni, « React » leur premier album, a été précédé d'un ep sorti en 2006, dont l'intégralité des chansons ont été reprises sur cet album, comme ça on n'a rien raté...
Personnellement je ne connaissais pas avant « React » et je suis plutôt heureux de ne pas avoir raté cette bombe !! Tout au long de cet album ça part dans tous les sens, les rythmiques saccadées hardcore s'affrontent aux riffs brutaux d'un thrash et d'un death déjanté. Le hurleur s'en donne à coeur joie tant dans le chant core que dans son chant plus clair, ses cris de psychopathe en fuite de l'hôpital sont partout, on ne peut pas se cacher, ils sont dans tous les coins. J'ai la sensation que le mec me poursuit avec un couteau de boucher, un vieux truc de serial killer, où de toute façon à l'arrivée il me chopera... J'adoooooooorrrrre !!!
Ce n'est pas un truc barré comme Carnival In Coal ou Mr Bungle, rien à voir, c'est autrement sérieux plus proche de The Dillinger Escape Plan. Il arrive qu'on passe de riffs super rapides et brutaux à des passages plus funky en une fraction de seconde, ce mélange hardcore death/thrash parfois même grind est super bien fait, ceux qui n'aiment pas la monotonie en feront leur cd de chevet cet hiver.
Le côté death m'a donné par moment des petits relends de Morbid Angel sur des morceaux comme « Romantic » ou « Reason to hate », d'ailleurs sur cette dernière sans comparer, le hurleur a quelques intonations de Corey Taylor... La musique d' Ibogaïne ne laisse aucune orientation, dès qu'on a commencé à mettre le pied dans une direction, ça repart dans l'autre, et le tout sur un fond old school vraiment technique. C'est le « moshpit-maison » pendant un peu plus de cinquante minutes !!
Tout a été bien pensé, le nom du groupe avec cette pochette où on a l'impression de regarder la tache chez le psy pendant qu'il nous demande d'interpréter ce que l'on voit mais après avoir pris une petite dose d'Ibogaïne...
On pourrait aller jusqu'à dire que si la musique hippie avait pris un virage beaucoup plus brutal tout en restant psychédélique elle s'approcherait de ce que fait Ibogaïne, pas dans le message que cette vague voulait donner mais dans le côté liberté d'expression et délire hallucinatoire notamment à l'écoute de titres comme « React »...

Arzhu Decibels Storm - décembre 2008
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