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I-DEF-I "Bloodlust Casualty"
(copro records -- 2006)
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Depuis la dissolution du cultissime Dearly Beheaded, force est de constater que de l’autre côté de la Manche, l’actualité en matière de power thrash est bien faiblarde ! Personne n’a vraiment su reprendre le flambeau et redonner ses lettres de noblesse à ce type de métal si prisé lors de la dernière décennie. La faute peut être à un style en réelle perte de vitesse depuis la défection de ses leaders, Pantera en tête de liste, Machine Head qui se contente de rempiler avec son dernier album la majeure partie des riffs présents sur ses deux premières galettes, incarnation parfaite d’un genre qui peine à se renouveler, prisonnier de ses stéréotypes et de ses codes indéfectibles. Alors, est-ce que la donne va changer avec l’arrivée de I-DEF-I ?

Et bien non, je suis au regret de vous annoncer que ce ne sont pas ces natifs de Manchester qui pourront inverser la tendance, tant leur « Bloodlust casualty » sent le renfermé à plein nez et fleure bon l’absence de prise de risques ! On sent bien ci et là quelques idées intéressantes, quelques riffs bien puissants, quelques incursions plus modernistes… mais la sauce ne prend pas, et une fois l’album écouté, celui-ci se voit immédiatement digéré puis relégué au fond d’un tiroir poussiéreux, aux côtés d’autres seconds couteaux émoussés répondant aux doux noms de Captor, Lost Souls, Invocator et autre Pissing Razors, symboles de l’âge d’or, aujourd’hui définitivement révolu, du power-thrash. Et ce ne sont pas ces glorieuses citations présentes en fin de bio («un mix violent de grosses guitares sous accordées et de mélodies infectieuses » signé Metal Hammer ou « extrêmement bon » relevé dans Kerrang) qui changeront grand-chose à l’affaire... Le chauvinisme grand-briton étant avéré et de mise lorsqu’il s’agit de lancer des petits nouveaux sur un marché pas forcément demandeur.

Le constat est donc là, I-DEF-I ne peut prétendre, en l’état actuel, qu’à un accueil (très) réservé de la part de son public potentiel, mêlé d’indifférence polie et d’une cruelle impression de déjà-vu. Ce n’est déjà pas si mal, mais c’est encore trop peu pour trouver une réelle caisse de résonance hors de ses frontières.

 
Clem
Decibels Storm - mai 2006