

Holy Moses - "Agony of Death"
A l'heure où l'on attend vraisemblablement un très bon album des « four horsemen », et où tout le monde ne parle que de ça, il serait malheureux et bien dommage que celui d'Holy moses passe inaperçu...
Voici un groupe pour lequel je n'ai jamais eu beaucoup d'interêt en fait depuis toutes ces années; j'ai dû avoir entre les mains « Finished with the dogs » et « The new machine of Lichtenstein » sur cassette enregistrée , que j'ai dû écouter une paire de fois sans y trouver grand-chose. Je l'avoue, il s'agit certainement d'une faute de goût.
Mais cela va être très vite réparé.
En effet, les Allemands d'Holy Moses ne sauraient vous laisser de glace face à ce grandissime album qu'est « Agony Of Death ».
Après une bonne vingtaine d'années d'existence et bon nombre d'albums à leur actifs, on n'ira pas aujourd'hui faire du cliché en disant « c'est l'album de la maturité » et autres balivernes, mais on a là effectivement une véritable perle du thrash/speed dans toute sa splendeur, pleine d'assurance lui permettant de s'affirmer pour être parmi le fleuron du thrash germanique.
Tout d'abord, il faut savoir qu'Holy Moses, c'est aussi la voix de Sabina Classen et, avec Angela Gossow, c'est certainement une des références en matière de chanteuses de Metal extrême. Elle dit elle-même avoir mis environ six mois pour enregistrer les vocaux, et je peux vous affirmer que ces derniers sont d'excellente facture, et que son chant puissant durant tout l'album se promène sans problème dans tous les recoins jusqu'aux growls bien profonds. Ses vocaux sont puissants et bien employés et très virils par moment.
Ensuite, je précise avant tout que ce que j'ai pu écouter en version promo sera identique à ce qu'il y aura sur la version digipak avec bonus-tracks, semble-t-il. Vu la beauté de la pochette, je pense également que le digipak vaudra largement le coup d'achat. On a là une pochette, une vraie pochette de Metal à l'ancienne. J'ai eu beau chercher , je n'ai pas trouvé qui avait fait cette pochette. Ambiance futuriste, un petit peu robotique comme dans un monde de « Terminator » ou autre « Matrix », avec en dessin Mlle Sabina Classen. Cela me fait énormément penser à celle de Warlock avec Doro Pesch sur « Triumph and agony ». Tiens, bizarrement, on a « Agony » comme mot commun dans le titre. C'est pas de la retouche de photo stérile, mais bel et bien une pochette détaillée où l'on peut découvrir pas mal de petits trucs précis. De plus, de petits interludes composés de nappes de claviers, entre les morceaux, agrémentent l'ensemble, mettant en exergue encore plus cette atmosphère futuriste et robotique, et franchement, c'est plutôt pas mal à écouter. Ce souci du détail donne à cet album encore plus de plaisir à l'auditeur.
Les douze titres, qui sont d'une très bonne durée car on peut écouter plusieurs morceaux tournant autour de six minutes, semblent parler indépendamment de violences et de mort, de troubles du comportement humain, Sabina parlant de réflexions suicidaires pour « World in darkness », de troubles de la mémoire pour « The cave » ou d'amnésie pour « Dissociative disorder ».
Musicalement, tout au long de ses 70 minutes, « Agony of Death » propose un thrash/speed digne des plus grands. Evidemment, c'est cette influence, cette signature de scène allemande qui se fait ressentir.
L'album commence avec une intro sombre, glaciale et annonciatrice d'une puissance et d'une violence implacable, suivie de la première chanson où les riffs cinglent et lacèrent les oreilles à coups de rythmiques et de vocaux agressifs. Gros travail tant dans le son que dans les idées ; les guitares se font par moment plus mélodiques pour offrir des harmonies plus en avant et laisser la violence en retrait. Le combo « Alienation », suivi de « World in Darkness », est très bien orchestré. On a tout d'abord cette rage qui nous saute au visage avec les backing vocals légendairement typiques dans ce genre de style ; des backing vocals masculins qui arrivent toujours sur la fin de certains couplets pour enfoncer le clou. On apprécie toujours ce gros son.
Ensuite vient le morceau « World in Darkness », qui pour moi est un des morceaux-phares de l'album tant la mélodie de cette chanson a été superbement bien trouvée. Il faut dire que j'aime beaucoup tout ce qui est thrash/death mélodique. Donc, dès le départ, mélodie oblige, ensuite un peu de rythmique stylée et immédiatement les harmonies et envolées lyriques de guitares. Ce morceau se distingue nettement des autres chansons de l'album par ce côté accessible.
Enfin, tout l'album dans son ensemble n'inspire que le respect ; la batterie fait également un travail énorme, encore une fois, gros son de la grosse caisse, omniprésence de la batterie qui donne un rythme effréné à l'album. Une autre chanson se distingue aussi, c'est « Pseudohalluzination », avec des idées très thrash mais aussi encore ce petit côté mélo, ses vocaux vraiment gutturaux parfois semblables à ceux d'Angela Gossow. Je parlerai également de « Schizophrenia » : alors déjà, on est plus proche du death metal sur certains passages que du thrash. L'idée est venue de rajouter des vocaux masculins heavy/thrash un peu à la Metal Church ou le groupe Redemption qui amplifient l'onde de choc du morceau. Je rajouterai que le passage influencé classique au milieu du morceau sied à merveille.
De toute façon, dans son intégralité, cet album se laisse écouter avec un énorme plaisir. Il est vrai que j'apprécie beaucoup des groupes comme Municipal Waste et autres consorts de revival thrash; mais là, nous avons une véritable leçon de thrash/speed, et il ne faut absolument pas arriver en retard en cours. Je pense qu'il n'y a pas de défaut, ou s'il y en a, il est si infime qu'il en est indétectable.
Avec un album de cette catégorie, ça donne vraiment envie d'aller découvrir toute la discographie d'Holy Moses.