

Hemoragy - "Jesus King of Wine"
Alors, il y a quelques temps, je naviguais sur internet et, sur plusieur sites, j'avais vu la pub d'Hemoragy, justement de cet album. Je ne me suis pas penché dessus plus que ça, mais le logo m'avait attiré. A voir la pochette, j'ai cru que c'était une réédition d'un vieil album d'un vieux groupe des années 80! Mais que nenni !!! C'est bien une nouveauté (si l'on peut dire...)
Pour la petite histoire, parce que j'ai focalisé dessus et que je n'arrive pas à retrouver le nom; ce logo d'Hemoragy m'a attiré l'oeil parce que, justement, il ressemble à celui d'un groupe de death dont j'avais une démo dans les années 90's (je crois aussi que j'avais un album en tape autoproduite).
Ce logo, et bien, pareil, il était rouge; ça finissait par un « Y » aussi, il me semble. C'était aussi le même genre de forme; ce groupe était français ou, en tous les cas, Européen mais pas loin de chez nous. Argh, ça m'énerve, c'est vieux, c'est un truc du style « Diphtery », ça date de l'époque de Execution, Delayed Action Bomb, Mercyless. (En plus, si ça se trouve, je me plante complet, mais il ne me semble pas !).
Bon, tant pis, bref, si le revival se fait un peu partout dans le monde avec des Merciless Death, Bonded By Blood, Municipal Waste...; si nous, il y a quelques années, nous avions Imperial (qui, soit-dit en passant, a sorti récemment une nouvelle démo, « Noir »), et bien, maintenant, nous avons aussi Hemoragy.
La jaquette annonce la musique : un logo crasseux, simpliste, une cover rock'n'roll, thrashy, avec un Jesus prosélyte qui semble défendre et surtout vanter les bienfaits du vin (encore de quoi s'attirer les foudres de personnes pieuses). Hummmmmmm, c'est bien roots tout ça ; les mecs sur la pochette, en plus, ils ont bien une tête de « hardos »; bizarrement, ils sont fans d'Hemoragy (j'déconne..)
C'est, semble-t-il, leur premier album puisqu'il n'a été précédé que d'un mcd,« First blood »,en 2004 et d'une demo en 2003.
Géographiquement, votre GPS les localisera en région parisienne et, attention mesdames et messieurs, comme Bolt Thrower, Hemoragy possède une bassiste (comparaison à deux balles, c'était juste pour dire que c'était une bassiste).
Ce qui nous intéresse maintenant, c'est la musique. Le style d'Hemoragy est comme on pouvait le penser, du thrash heavy des années 80's, monté sur des fondations très rock'n'roll.
Tout d'abord, le chant de Johannes est très proche du chant de Cronos (Venom) sur pas mal d'intonations (notamment sur « A strange man from hell », c'est la phrase « from hell » qui y fait beaucoup) et de celui de Lemmy (Motörhead) qui donne justement ce côté roots, bien crade, limite punk. Le débit est plutôt intense, mais c'est vrai que la première impression est de penser qu'avec un chant comme ça, qui n'est pas guttural, une touche d'accent un peu plus anglais aurait été de bon aloi. Après moultes écoutes, ça se laisse ingurgiter, on n'y fait plus trop attention, je dirais même que ça donne un effet de style.
La production en revanche n'est pas fabuleuse; le son reste un peu sourd, un peu étouffé, mais peut-être était-ce voulu pour accentuer le côté roots/rock'n'roll. La batterie est un peu en retrait, les guitares donnent une impression d'éloignement, le chant manque de puissance et le tout (je parle du son) dans son intégralité, bien qu'assez moyen, reste malgré tout homogène. Je veux dire que c'est compact, il n'y a pas un instrument qui sort du lot, c'est le son en lui-même qui n'est pas super.
Les influences, comme je le disais, sont pour moi puisées dans les années 80, dans le style heavy, des trucs à la Vulcain, Trust, Living Death, Motörhead, dans le style vieux thrash, quelques passages proches des vieux Kreator (« Storming with menace »), vieux Sodom ou autres Atrophy et Destruction, mais moins bourrins.
Sur le morceau « How many time to compose it? », bien que tout ceci soit subjectif, j'ai trouvé dans les lignes vocales sur le refrain, des résidus de Noir Desir de la chanson « L' homme pressé ».
Les soli sont typiques de l'époque « Kill'em all », et je pense que ce groupe sur scène, comme certains utilisent le terme, ça doit bien « poutrer ».
Les morceaux que j'ai préférés sont « A strange Man from hell » pour le côté Cronos justement, « Jump into the bestial pit », pour le côté défourraillage, « Guitar killer » pour le retour en arrière et « Blackbeard » pour la mélodie.
Il y a neuf titres qui durent de 2''43 pour le plus court jusqu'à 4''37 pour le plus long pour une durée totale de 35''15. Certainement trop court pour ceux qui aimeront et certainement suffisant pour ceux qui n'aimeront pas. Bon compromis finalement.
Voilà, alors même si Hemoragy n'est pas le groupe de l'année, même si « Jesus King of Wine » n'est pas l'album du siècle, ceux qui sont intéressés par du thrash/heavy old school, rock'n'roll peuvent s'y attarder et passer un peu de temps avec « Jesus King of Wine ». Personnellement, je ne me suis pas ennuyé aux écoutes de cet album, mais je n'ai pas pris de claque comme dans la pub du bonbon qui rafraichit. C'est assez mitigé comme impression, mais en même temps ce n'est que leur premier album. On dit bien que le vin se bonifie avec l'âge...