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Helmet s'est fait proprement damer le pion par toute la vague néo-metal et en premier lieu par Korn. Du jour au lendemain, ce qui constituait la formation la plus "in" de la scène hardcore est passée pour un hospice du troisième âge face à l'émergence de jeunes cuistres qui leur ont tout pompé. Triste. D'un autre côté, cette injustice n'est-elle pas qu'une énième illustration de l'adage selon lequel "bien mal acquis ne profit jamais"? Car, Helmet de son côté avait tout de même bien pompé Prong. Cela n'empêche pas le premier album de Korn d'être une tuerie ni ce "Meantime" de compter parmi les plus grandes réussites du hardcore. Car entre riffs façon matraque, son metal et redondances quasi-industrielles cet album frappe où il faut, avec force et précision. Il est en outre merveilleusement maîtrisé et cette maîtrise est louable car "Meantime" est un faux simple, comme certains sont de faux calmes. Derrière ses titres courts et rugueux, se cache en effet une musique finalement difficile à percer car dénuée de toute concession à la mélodie. Absolument pas "catchy" comme l'on dit de nos jours. Qu'Interscope (Warner en fait) ait cassé sa tirelire (on parlait d'un million et demi de dollars) pour signer ce groupe témoigne des espoirs commerciaux placés en Helmet, planifié par le music-business pour être "the next big thing", après un Nirvana dont les décideurs avaient bien senti qu'il ne serait pas éternel. Manque de bol, ce disque est donc tout sauf accessible et commercial. Avec ses dissonnances et son côté noisy, il est même du genre de ceux qui ne passent absolument pas dans les chambres des minettes de 15 ans. Pas glamour pour deux sous ce "Meantime". En plus, les membres du groupe sont des gens comme tout le monde qui ne se droguent pas, ne cassent pas leur matos, n'insultent personne... Helmet ne devint donc pas le super vendeur escompté. Mais ce "Meantime", en revanche, est le seul disque de hardcore qui puisse être cité au même rang que ceux de Killing Joke, Swans, Godflesh ou Ministry. Et ça, c'est inestimable. |