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decibels storm > chroniques d'albums > Hegemon -2007- Contemptus Mundi

Hegemon
"Contemptus Mundi"
 
(season of mist -underground activists- 2008)
pochette de l'album Contemptus Mundi de Hegemonimage élargie - album cover
Hegemon - "Contemptus Mundi"
Alors ça, je peux vous dire que c'est pas de la tige de botte... Les six années prises par les Français d'Hegemon pour délivrer le successeur de "By this I conquer" ont été visiblement très bien employées puisqu'il est d'ores et déjà certain que ce nouvel album comptera parmi les sorties majeures de 2008, tous genres confondus. Pour ce qui est du registre plus particulièrement black, c'est assurément le podium qui est à portée de main. Non pas que ces huit titres révolutionnent le genre, mais que voulez-vous, lorsque la classe est là, aucune limitation n'a plus de raison d'être. Et en l'espèce, la classe supérieure est indiscutablement atteinte. Nanti des pré-requis tenant en une production irréprochable et une technique au dessus de la moyenne, Hegemon se lance à corps perdu dans une musique ciselée et féroce qu'aucune barrière ne semble pouvoir stopper ni même freiner. Le groupe s'inscrit foncièrement dans la lignée orthodoxe des Immortal époque "Pure Holocaust"' et Satyricon circa 1994, c'est à dire qu'il cultive cette aridité inflexible qui est la marque des grands projets black. Ce qui ne l'empêche pas d'émailler ses titres de respirations où se croisent instruments traditionnels, guitare acoustique et quelques claviers. Mais jamais dans un sens grandiloquent. Au contraire, tout est amené et exécuté avec à propos, sans que la moindre faute de goût ne soit commise. Et quelle rigueur dans les rythmiques mes amis ! Hegemon cramponne sa petite affaire comme un mort de faim, ne la laissant jamais s'emballer vers des digressions ou fantaisies susceptibles de l'affaiblir. Hors de question de s'éparpiller. Et le plus fort est que malgré ce contrôle total, l'émotion soit là. Quelle atmosphère ! Ce disque installe une sensation de fatalité oppressante peu commune. Il est tout à la fois guerrier et sprituel, violent et captivant, puissant et nuancé. Nul doute que ce résultat est la conséquence directe d'une science éprouvée de la mélodie, avec au passage l'utilisation de certaines structures de riffs que n'aurait pas renié Mayhem sur "Grand Declaration of War". Distinguer certains titres ? A priori impossible tant l'album est équilibré. Evidemment, un morceau comme "Ai Abur Shapu" constitue l'un des grands moments d'extase de ce disque. De même que l'épique premier titre où les accès thrash du troisième. Mais ce disque est un ensemble non compartimentable, qui passe d'ailleurs très vite alors même qu'il ne s'agit vraiment pas d'un micro-album (trois quarts d'heure). S'il est un disque qui vous en donne pour votre argent, c'est bien celui-ci. Dois-je être plus explicite ?
 
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - mars 2008
 

 

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