Première
sortie du label british Anticulture, "Le tigre", également premier
album des Frenchies de Happy Face, est ce qu'on appelle, vulgairement
et sans détours, un carnage en règle. Placé sous le signe du
brutal death, intégrant en son sein de multiples influences
hardcore et grind, j'en passe et des meilleures, Happy Face
est la synthèse idéale entre de nombreux courants métalliques,
laissant la part belle aux parties rapides et blastées, aux
riffs saccadés comme un Meshuggah époque "Destroy, erase, improve"
ne l'aurait pas renié mais aussi aux innombrables changements
de tempos, le tout complété par une batterie guerrière tendance
double pédale-mitraillette.
Tout
cela aboutissant à un croisement homogène et inattendu entre
tous les styles les plus extrêmes en matière de metal et de
hardcore. Imaginez, pour saisir l'ampleur de cette déflagration,
ne serait-ce qu'un instant, Nasum, Meshuggah, Napalm Death,
Dying Fetus et Impaled fusionnant sans vergogne pour ne former
plus qu'une seule entité, redoutable et redoutée, symbole incontestable
du potentiel avéré d'un scène française extrême de plus en plus
méritante.
Aux
côtés de Gojira, G.T.I, Benighted et Kronos, Happy Face rejoint
le club très select des groupes tricolores capables de s'imposer
avec brio à grande échelle, sans se compromettre aucunement
et en gardant une ligne de conduite ancrée dans l'originalité
et la puissance à bon escient.
Fans
de brutalité pure et d'agressivité intelligente, il vous est
interdit de passer à côté de monument de metal extrême et moderne
qu'est "Le tigre", ni plus ni moins !