

H-Tray - "Distressing Reports"
Pour un premier album, « Distressing Reports » fait mal. Dès la première écoute, on a rapidement le sentiment que le groupe maîtrise son sujet, pourtant relativement technique. Parties blastées avec utilisation sans modération de la double pédale ("Alert"), riffs ultra rapides flirtant sans vergogne avec les aigüs ("Behind each door"), solos de rigueur. H-Tray emprunte quelques éléments caractéristiques du death ("Distressing reports part 2"). Cassures rythmiques nombreuses ("Distressing reports part 1"), plans lents et pesants (limite sludge quand on écoute "Short libed new trend"), mid-tempo, riffs lourds et accrocheurs ("Ten years after") servis par une voix violente et rauque, hurlée quelquefois. Le groupe lorgne aussi vers le côté hardcore de la chose.
Le quinquet de Brive a donc su intelligemment allier deux tendances métal pas forcément homogènes. Mais au final, une production qui force l'estime, qui impressionne de maturité, tant du point de l'interprétation que de celui de la composition. Chaque instrument est dompté et exploité de façon étonnamment experte par des musiciens finalement encore assez jeunes. Des ambiances sombres, noires tantôt lourdes comme le plomb tantôt énergisantes mais toujours d'une violence qui tétanise les tympans et martyrise le cerveau. Bref, en étant un tantinet réducteur, une synthèse réussie entre Dimmu Borgir et Pantera (influences revendiquées par le groupe). Bon, c'est vrai qu'en regardant de plus près le parcours du combo corrézien, on comprend certaines choses.
Formé en 1997, le groupe totalise plus de 300 concerts, notamment des festivals et des ouvertures pour Lofofora, Gojira, Eths, Enhancer, Punish yourself... avec un premier maxi et un huit titres ("Worst times of decline") unanimement approuvé par la critique. Donc H-Tray a de la bouteille et ça se sent !
On pourra néanmoins regretter une démarche créatrice trop focalisée sur le cross-over death/hardcore, noyau de l'identité musicale du groupe, au détriment d'une recherche de sonorités et d'atmosphères qui pourrait emmener H-Tray loin des sentiers métalliques archi-connus. Car malgré tout le talent de H-Tray, celui-ci n'évite pas les poncifs du genre dans les structures de ses morceaux, ce qui peut-être un peu lassant à la longue.
Mais au final « Distressing Reports » s'avère tout de même un album d'excellente facture qui ravira les adeptes du genre. Néophytes s'abstenir.