

Gronibard - "We Are French Fukk You"
On dira ce que l'on voudra sur ce dernier album de Gronibard, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont osé. En même temps, qu'est-ce qu'ils n'ont pas encore osé, il ne reste pas grand chose.
Alors cette fois-ci on est quand même assez loin musicalement de ce qui a été fait auparavant et rien que pour cela, même si c'est un petit pas infime pour l'humanité il est tellement énorme pour Gronibard.
En terme de brutalité et de grind, l'époque du premier album est restée où elle était, et même si le délire des Gronibard est toujours présent, il s'est quelque peu déplacé vers des horizons plus groovy, plus punk crade ou stoner rock, et le résultat n'est pas pour me déplaire. On ne peut pas plaire à tout le monde, c'est comme ça mais la surprise était bien là et de taille.
Alors évidemment la chose la plus flagrante qu'on a pu remarquer, ce sont les artworks de Natachatte. « We are french fukk you » indépendamment du clin d'oeil à Sadistik Exekution pour le titre, messieurs dames il est de bon ton de reconnaître que la pochette n'est pas cette fois-ci digne des plus « trash » qu'on ait pu avoir. Il n'est plus question d'orgie, de tétons et autres « goreries » les plus infâmes. Non, tout simplement un peu d'amour, de rose, d'anges, de cupidons, de musique douce.... Une légèreté qui donne absolument envie d'aller découvrir le contenu.
Et le contenu c'est quoi ?
Ben d'abord comme la pochette l'avait annoncé, on parle d'amour c'est pour cela que « Tu ressembles à l'amour », nous met dans le bain immédiatement, avec un solo heavy metal langoureux réalisé par Tom. B. Hulebert.
Et voilà, le truc c'est que le grind a quasiment disparu de la circulation. Cet album est un recueil de stoner rock qui peut parfois se trouver quand même brutal, il n'y a qu'à écouter « Nuggets No glory » pour deviner que les trucs à la Cathedral « Midnight mountain » accouplés avec des vocaux extrêmes seront de la partie. C'est sûr, il reste quelques trucs agressifs comme « blah blah blah », « Crève ultra vomit, crève », mais ça reste nettement plus anecdotique puisque l'ensemble tourne autour du stoner rock délirant avec juste des petits écarts « grindibidineux ».
Comme je disais l'humour des Gronib, quant à lui, est bien là, « Mongolito » et autres « Sous la douche avec Miguel » ou encore « La chanson des bisous », ça fait toujours plaisir, car c'est un peu la patte des Gronib...
Certains ont trouvé le son crade, je pense qu'on a largement connu pire, et de toute façon le son est pleinement adapté à l'ambiance de l'album. Heureusement il reste aussi encore un ou deux samples de films avec des propos philosophiques et diverses considérations sexo-primaires, qu'on aime et dont on ne se lassera jamais.
La grande trouvaille se sont les « spectroum », avec ça débrouillez-vous, il paraît que c'est du délire free-jazz... Mouais... Sais pas... Comprends pas... On s'en fout, ça sépare les morceaux de toute façon...
Moralité, Gronibard reste Gronibard avec beaucoup de brutalité en moins mais toujours des titres inspirés par la connerie qui me font toujours rire. Musicalement c'est punko-stoner-metal-grindoux (un peu à peine), et finalement c'est pas si con que cela, ça s'écoute pas mal à l'arrivée. Bon ceux qui n'aimaient pas... n'aimeront pas, ceux qui aimaient... n'aimeront peut-être pas tout. Moi j'adhère, artwork, chansons... C'est un monde, un délire, on n'est pas dans la masturbation intellectuelle, mais ça on le savait déjà avec Gronibard depuis pas mal de temps. On passe un moment sympa, sans avoir les oreilles défouraillées pendant des heures et puisque cela ne dure que 36 minutes, essayer c'est l'adopter. Un Gronibard, taille 105 D, c'est plutôt pas mal, il y a de quoi faire !!!