

Grieving Age - "In aloof lantern, Thy bequeathed a wailer quietus"
Premier album, deux titres de 20 et 17 minutes, doom-death, mixé par Dan Swanö, pochette signée Aaron Stainthorpe : voici une fiche technique qui n'est déjà pas commune. Mais lorsque l'on ajoute que ces gars là nous viennent d'Arabie Saoudite, on aboutit directement à la case OVNI. Sur le papier. Car dans les faits, il s'agit tout bonnement d'un solide disque doom-death sur lequel le groupe démontre qu'il possède tous les atouts propres à percer dans ce style. Exit donc toute trace d'exotisme cheap, toute propension à en faire des tonnes sur ses origines pas communes dans le petit monde du doom. On est ici dans le vif du sujet, sans fioritures ni supercherie. Quels sont ces atouts ? Un son énorme, un sens du riffing ultime, une voix death performante, une capacité à d'emblée comprendre les canons du style pratiqué. Un style tellement bien intégré que les références sont immédiatement identifiables : My Dying Bride, Candlemass et consorts. Alors, évidemment, on pourrait se plaindre de cette trop ostentatoire inclinaison devant les maîtres du genre. En ce qui me concerne, cette orthorigidité m'apparaît plus comme une politesse de la part de nouveaux arrivants qui, comme c'est l'usage, s'emploient d'abord à montrer patte blanche avant d'envisager de tringler belle-maman sur la table en noyer et de s'essuyer ensuite les parties dans les rideaux de son salon... Les jongleries, ce sera pour la prochaine fois, n'en doutons pas. Pour l'instant, c'est encore séance "présentations", et elle est parfaitement réussie.