C'est
tout droit d'Espagne que nous arrive Greenfly et son brutal
death des familles ! Formé il y a de cela dix ans, ce groupe
n'a jamais réellement poussé ses investigations musicales
assez loin pour sortir un album digne de ce nom. La faute
peut être à un premier split en 1994, intervenu après la sortie
d'une première démo, puis une reformation bancale avec des
membres habitués à torturer leurs instruments au sein de Machetazos
et Haemorrhage.
Aujourd'hui,
ceux-ci sont d'ailleurs bien décidés à remettre les pendules
à l'heure et ce "Hidden pleasures of nonexistent reality"
pourrait bien les y aider. En effet, Greenfly ne se borne
pas au brutal death de base incarné par une batterie hypersonique,
des guitares déchaînées et autres growls définitivement inhumains…et
c'est tout à son honneur. Piochant aussi bien chez ses frères
d'armes suédois la lourdeur et la puissance du riff mariée
à l'exquise brutalité américaine, alternant avec une certaine
maîtrise les mélodies ciselées et d'autres sonorités destructrices,
Greenfly tire son épingle du jeu avec brio !
Les
musiciens, riches de leurs expériences passées, prennent un
réel plaisir à brouiller les pistes et font de l'originalité
à bon escient un atout majeur. En fait, si je devais me risquer
à un parallèle, ce serait avec ses compères de label Obscenity,
qui excellaient également dans le mélange des genres (notamment
sur "Human Barbecue").
Avec
Avulsed, Greenfly constitue aujourd'hui la plus sérieuse référence
death-metal ibérique, ce qui n'est pas rien, au vu du nombre
de prétendants au trône que compte ce pays dévoué corps et
âme à la cause du metal de la mort.