

Grantig - "Medizin"
Voici le mois de mai, où les fleurs volent au vent... Ouais il n'y a pas que les fleurs, les notes de musique volent, virevoltent et déchirent le mur du son comme des vandales qui saccagent un appart !!!
C'est le mois de la sortie du deuxième album de Grantig « Medizin », un groupe allemand qui a commencé son trajet avec une première offrande en 2008 (oui, rapide). Découverte pour moi, je n'avais même jamais entendu ce groupe, qui pourtant propulse l'auditeur dans une euphorie énergique et une « patate » de fou...
Tout d'abord, le son est énorme, aucune lacune, aucune faille, un gros son, une production de taille, et ultra puissante.
Ensuite, c'est vrai que je dis régulièrement que le metal de maintenant prend dans un peu de tout et ça me gave, mais là ça le fait à mort.
Le groupe offre une musique hyper fraiche, hyper inspirée, qui puise un peu partout ses sources : dans le southern power thrash à la Pantera -et c'est clair que les riffs sont méga puissants-, dans le rock poilu, le jazz, le blues...
Au niveau des ambiances, on se prend au jeu des morceaux, on retrouve du Pantera comme je le disais, mais aussi du Annihilator, avec une personnalité vraiment propre, un feeling à peine heavy dans le trip heavy/thrash de Metal Church, mais aussi peut-être genre Slayer, Over Kill, Exodus. C'est excellent.
La musique se mélange complètement à des influences rock'n'roll, c'est impressionnant, voici un groupe qui propose quelque chose de relativement neuf et innovant. Dès le début du premier titre « Medizin », c'est la baffe aller-retour direct, les doigts dans la prise, la mayo qui prend, tout ce que vous voulez, mais ça tape dans le moule à gros morceaux.
Si les titres sont massifs, puissants, ils restent mélodiques grâce à des guitares plus racoleuses où les soli viennent se greffer à merveille à l'ambiance générale.
Sur un titre comme « Dein Paradies », on se fait plaisir sur un thème plus rock, plus blues du vieux sud, en restant thrash, avec un peu de feeling comme l'avait le groupe finlandais Charon, mais c'est pas mal dû à la voix de Jonathan Schmid. Ce mec là a un superbe organe, il chante en voix claire, à peine éraillée, et le fait que les paroles soient en allemand, et pas en anglais, donne un charme fou à l'album. On dirait un peu un mélange de Charon avec du In Extremo quand il ne va pas dans ses tonalités bariton, mais quand il reste dans un timbre agressif. Le chant est particulièrement bon sur cet opus, je n'irai pas dire qu'il y est pour beaucoup parce que tout y est pour beaucoup dans l'album, le son, la batterie très rock, le chant, les guitares, l'inspiration...
Alors, voilà, Grantig c'est le « gloubiboulga » du Metal pour ceux qui ont connu Casimir et l'Ile aux enfants, ils arrivent à prendre un peu de tout dans le metal, à tout mettre dans le mixeur et en ressortir un plat appétissant, intéressant et propre.
Les morceaux ne se ressemblent pas le moins du monde, et ils montent en puissance, un titre comme « 11 minuten » vous retourne les tripes, et vous emmène. Ouais c'est pas super extrême, c'est accessible, c'est entrainant. Je ne sais pas si Grantig sont mathématiciens, mais leur équation musicale permet d'apporter une solution qui n'est pas celle de la facilité mais plus celle de l'audace, du talent créatif, et ça se vérifie sur « Du bist nicht allein » et « Wie fülht sich das an », lorsqu'ils viennent chercher des rythmiques plus death mélodique pour la première et plus death tout court pour la seconde avec un peu de stoner.
Le groove de Grantig est bien là, le truc c'est qu'on pourrait parler des toutes ses influences pendant des heures, mais le mieux c'est d'écouter cet album encore et encore car ce n'est que le début d'accord, d'accord (tiens ça me dit quelque chose ça ?...). On termine par du bourrinage dans les règles avec « Die letzte stadt » et de la légèreté avec « Auf wiedershen » qui porte bien son nom.
Alors comme l'été arrive, avant de vous faire envouter par la nouvelle danse corps à corps des chaines télévisées, faites vous plaisir avec Grantig.