

Gorgasm - "Neurotripsicks"
On a décidément en France plus rien à envier à personne, dans tous les styles de metal, extrême ou pas. Nous avons des groupes vraiment intéressants et de qualité. On va faire un petit flashback pour parler de Gorod, qui auparavant s'appelait Gorgasm. Parce que ce groupe mérite l'attention...
C'est originaire de la Gironde, encore une fois, que vient le talent. Et oui, il n'y a pas que le bon vin dans cette région mais aussi de bon crus au niveau metal. A l'origine, ce groupe s'appelait Gorgasm ; ils n'ont changé leur nom en Gorod qu'à partir du deuxième album afin de ne pas être confondu avec le groupe de brutal/death américain. Au départ également, à la batterie, c'était Sandrine, et pour ceux qui auront (ou ont eu, en fonction de la date de la lecture de cette chronique) la chance de voir Gorod en concert à Bègles fin janvier, le constat sera qu'elle n'est plus là puisqu'un nouveau batteur l'a remplacé.
Gorgasm se compose également de membres d'ex-Voracious Gangrene pour ceux qui voulaient en savoir plus sur les origines...
Enfin bref, « Neurotripsicks » est sorti en 2004 en co-production avec Deadsun Records ; mais sachez que l'année suivante, ce même album a été réédité par le label américain Willowtip pour l'Amérique du Nord. Ce qui leur valu d'être signés pour deux albums auprès de ce label. Et après leur changement de nom en Gorod, cet album a été réédité de nouveau sous le nom de Gorod. Bon, en allant faire un tour sur leur site, vous en saurez plus...
Donc, c'est la version de Deadsun recs qui nous concerne ici. C'est le premier album, même s'il date un peu ; vu comme il est bon, il mérite largement d'être décrit.
Tout d'abord, on ne va pas trop s'attarder sur l'artwork et le packaging. Si ici, les couleurs de fond de la front cover ainsi que de la back cover sont proches du « Hate » de Sinister, c'est vrai que du côté de l'esthétisme, la pochette de « Neurotripsicks » n'a pas eu le premier prix de beauté. Je pense que le visage blanc hurlant avec la machoire ouverte qu'on peut apercevoir en premier plan était surperflu et on aurait pu s'en passer. Mais de toute façon, on ne va pas revenir dessus, ça fait bientôt cinq ans qu'il est sorti et c'est la musique qui nous intéresse.
« Neurotripsicks », c'est un album de death metal qui se compose de 9 titres avec une intro. Mais ce n'est pas du simple death metal, on a ici à faire à des spécialistes du riff minutieux et concis qui, affuté comme un scalpel, arrive à inciser les moindres mélodies pour décortiquer la musique en pleins de petits morceaux microscopiques. Si Arsis m'avait mis un grosse baffe en terme de technique, je suis très content d'avoir découvert Gorod, même sur le tard, car leur death metal est vraiment original et la maîtrise de cette technique venant d'un groupe français me fait d'autant plus plaisir.
La voix de Guillaume est très gutturale, très grave, en limite des gruiks que l'on peut avoir chez Necropsy ou Benighted sur certains hurlements. Elle reste death classique malgré tout, sans trop en faire ; par contre, au niveau souffle, elle tient amplement la route. Donc, au vu de la variation des morceaux, même si on pouvait trouver que les vocaux sont parfois trop linéaires, ça se ressent beaucoup moins finalement.
Au tout début de l'album déjà avec « Gutting job », Gorod lance les festivités avec une basse qui se fait maitresse du jeu, mais elle est vite rejointe par les rythmiques saccadées et cisaillées des guitares qui agrémentent le morceau de minuscules petites parties toutes plus techniques les unes que les autres. Elles laissent la place à la virtuosité de Gorod à travers un solo digne des grands adagios de la musique classique sur une rythmique basse groovy. D'ailleurs, ce côté groovy est présent tout au long de l'album ; on ne tombe pas dans le jazzy mais ça reste un death metal inspiré, ingénieux et racé. Même si le style est différent, Gorod peut-être largement placé aux côtés de groupes tels qu'Atheist ou Sadist pour sa technique musicale et son originalité.
Les guitaristes se lâchent souvent sur des petits soli très mélodiques inspirés un peu musique classique par endroits ; cela donne un énorme effet de style époustouflant sur les morceaux. Et ça passe tellement bien qu'on passe aux chansons suivantes avec une facilité déconcertante. Gorod, ce n'est pas que du death metal car les guitares montrent également une facette mélodique mais pas comme on peut l'entendre à l'heure actuelle. Cela s'explique certainement par l'écoute répétée, dans leur jeunesse, de groupes tels que Coroner, Mekong Delta ou autre Sadus. C'est vers ces contrées-là, vers le thrash technique, qu'il faut comprendre « mélodique ».
Alors, même si leur death est principalement brutal , les harmonies utilisées sur des titres tels que « Harmony in torture » ou autre « Neuronal disorder state » ne me contrediront pas lorsque je parle de thrash technique.
Le son, quant à lui, est également très bon... De toute façon, l'album a été enregistré, mixé et masterisé aux studios budrecords dont Mathieu et Barby s'occupent dans l'agglomération bordelaise, ces messieurs ont donc pu faire totalement ce qu'ils voulaient.
Alors, avant de s'extasier sur les groupes des autres pays, commençons par ce que nous avons chez nous, parce qu'avec un potentiel comme celui-là , ce n'est pas normal que Gorod ne soit pas plus connu dans l'Hexagone...