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Déjà,
il y a le contenant. Avec son design froid et limite gothique,
cet album est dès le départ une curiosité pour l'époque. Je
ne veux pas revenir sur l'admiration que j'ai, en tant que client,
pour Earache, nanani nananère... Mais avouons tout de même que
ces types osaient des choses.
Et puis, il y a le contenu. Et là aussi, on se risque sur le
bizarre. L'indus européen à son top. Cet album est tout entier
dévoué au culte du rythme. Lent, hypnotique, tribal, mécanique,
implacable. Tout est fait pour emmener l'auditeur dans une sorte
de transe que les guitares ont uniquement pour rôle d'encadrer,
de faire paraître moins aride. Et encore, c'est à voir... Car
les guitares en question sont tellement froides que tout lien
avec un style qui s'est un jour appelé le rock puis le metal
semble effacé. Avec ce disque, on est au-delà.
Il faut aussi particulièrement louer l'enchaînement des trois
premiers morceaux qui constitue toujours pour moi, depuis 10
ans, un ravissement de tous les instants. Le rythme, toujours
le rythme. Le chant passe lui, du hargneux ("Spite") à l'aérien
("I wasn't born to follow"), presque éthéré ("baby blue eyes").
La basse ronflante et les séquences lugubres viennent compléter
un tableau qui n'a que peu de rapport avec l'air pur et le chant
des oiseaux. L'album s'achève sur près d'une demi-heure bruitiste
dont il est, je l'avoue, très difficile de venir à bout, surtout
après l'assaut subi pendant 50 minutes (eh oui ! le disque approche
d'une heure vingt). J'aime ce disque passionnément car c'est
certainement celui dans lequel Godflesh est allé le plus loin
dans l'utilisation des rythmes artificiels. Les machines sont
omniprésentes. Et on se met ainsi à regretter que le groupe
n'ait jamais osé sortir un disque de pur électro-indus, c'est
à dire sans guitares. Ceci ne se produira jamais, Godflesh ayant
splitté. |