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GODFLESH "Pure"
(earache - - 1992)
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Déjà, il y a le contenant. Avec son design froid et limite gothique, cet album est dès le départ une curiosité pour l'époque. Je ne veux pas revenir sur l'admiration que j'ai, en tant que client, pour Earache, nanani nananère... Mais avouons tout de même que ces types osaient des choses.
Et puis, il y a le contenu. Et là aussi, on se risque sur le bizarre. L'indus européen à son top. Cet album est tout entier dévoué au culte du rythme. Lent, hypnotique, tribal, mécanique, implacable. Tout est fait pour emmener l'auditeur dans une sorte de transe que les guitares ont uniquement pour rôle d'encadrer, de faire paraître moins aride. Et encore, c'est à voir... Car les guitares en question sont tellement froides que tout lien avec un style qui s'est un jour appelé le rock puis le metal semble effacé. Avec ce disque, on est au-delà.
Il faut aussi particulièrement louer l'enchaînement des trois premiers morceaux qui constitue toujours pour moi, depuis 10 ans, un ravissement de tous les instants. Le rythme, toujours le rythme. Le chant passe lui, du hargneux ("Spite") à l'aérien ("I wasn't born to follow"), presque éthéré ("baby blue eyes"). La basse ronflante et les séquences lugubres viennent compléter un tableau qui n'a que peu de rapport avec l'air pur et le chant des oiseaux. L'album s'achève sur près d'une demi-heure bruitiste dont il est, je l'avoue, très difficile de venir à bout, surtout après l'assaut subi pendant 50 minutes (eh oui ! le disque approche d'une heure vingt). J'aime ce disque passionnément car c'est certainement celui dans lequel Godflesh est allé le plus loin dans l'utilisation des rythmes artificiels. Les machines sont omniprésentes. Et on se met ainsi à regretter que le groupe n'ait jamais osé sortir un disque de pur électro-indus, c'est à dire sans guitares. Ceci ne se produira jamais, Godflesh ayant splitté.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002