

Gloria Morti - "Eryx"
Eryx, comme on le connait dans la mythologie grecque, était un roi d'une province sicilienne nommée Erycie. Il était le fils de Boutès et d'Aphrodite. Il possédait une très grande force physique et gagnait tous ses combats en tuant son adversaire. Il défia Héraclès (alias Hercule), en pariant son royaume d'Erycie contre le troupeau de boeufs de celui-ci. Mais bon, faut pas déconner non plus, Héraclès gagna puis Eryx fut enterré et la montagne prit son nom.
Mais Eryx, ce n'est pas que cela. C'est aussi un système d'armes anti-char de courte portée, un missile d'auto-défense, qui tire son nom du serpent des sables du désert réputé pour son agilité.
Et donc l'Eryx, c'est enfin un serpent de la famille des boïdés, un boa des sables, dont le plus courant est le Eryx Colubrinus.
C'est donc de Finlande que provient Gloria Morti, groupe formé en 1999, qui a pondu quelques démos et un premier album en 2004 nommé « Lifestream Corrosion ».
Comme la plupart des productions venant de là-bas, il n'y a pas grand chose à redire. Le son est puissant, très puissant, clair et limpide.
Sur la photo du groupe, je trouve que le chanteur a des airs de Mark Wahlberg !!!!
Enfin, passons à ce qui nous intéresse.
J'ai beau écouter cet album, je n'arrive pas à intégrer ce groupe dans un style de Metal bien établi.
Sans doute justement est-ce plus intéressant pour l'écoute de leur musique, mais cela reste malgré tout dans un univers death/black/thrash brutal et mélodique (ça fait beaucoup là quand même!)...
« Eryx » n'est pas un album très long puisque composé de onze titres, d'une durée approximative de 40 mn ; ça ne chôme pas malgré tout, les chiens n'ont pas le temps d'uriner après les roues !!!
La musique de Gloria Morti s'efforce de prendre un peu de tout dans tous les styles brutaux et d'y mettre de la mélodie plutôt sombre à l'aide de claviers. C'est simplement du Metal brutal adouci par les nappes de claviers.
En tous les cas, le début du premier morceau, qui fait également office d'intro, annonce la couleur: riffs plutôt black metal entre un Marduk teinté de claviers et du Dark Funeral peut-être, avec une ambiance plus orientée vers Dimmu Borgir et Emperor. Ce côté black vient se greffer sur des vocaux très puissants qui, eux, sont plutôt death/black. C'est le morceau le plus court de l'album et rien qu'à l'écoute de celui-ci, on sent quand même une certaine maitrise.
« Unchained the wretched whimper » lui succède magistralement avec une petite rythmique et un enchaînement à la batterie accompagné d'un hurlement death tout simplement énorme. Cette chanson offre immédiatement une nouvelle facette du groupe en imposant un style plus death metal brutal; le chant que je trouve de qualité, du hurleur « Psycho », se démarque également avec quelques gruiks un peu à la Benighted. Aux trois quarts du morceau, on change d'ambiance pour revenir à un style plus black et ensuite, on revient au death. Tous ces changements attirent vraiment l'attention de l'auditeur. C'est certainement un des meilleurs morceaux de l'album.
Ce qui est vraiment prenant, c'est que le fil mélodique reste omniprésent ; ce n'est pas seulement brutal, je le redis : l'utilisation des claviers sert de fil conducteur entre toutes ces intrusions dans les styles pour permettre à l'album d'avoir une homogénéité.
Le reste se déroule pareillement et, en fait, l'enthousiasme que l'on peut avoir au début de l'album s'estompe un petit peu. Mais cela reste plus qu'honorable et plaisant.
Les morceaux n'ont pas d'identité propre permettant de les singulariser donc c'est assez difficile de les décortiquer même après plusieurs écoutes.
On a droit à des blasts de bonne facture et aussi quelques petits « pull-offs ». Sur « Phoenix Caged in Flesh », c'est là que les claviers se font très Dimmu Borgir; sur « Evermorose », on entre plus dans une atmosphère « Cannibal Corpsienne » mélodique.
Je réitère mon respect au chanteur qui nous montre sa possibilité d'aller vers un death guttural bien gras jusqu'à un chant black vraiment puissant.
Au fil de l'album, on peut assister à une démonstration sur « The Origins of Sin » avec des riffs de thrash à la Slayer et un style plutôt oriental; une double pédale qui tape comme une malade sur son fût, un chant ultra brutal death et une ambiance aussi très death violent. Encore une fois, l'enchaînement fait sur le morceau suivant est très bien choisi. « The Djinnwhisperer » lui succède logiquement ; cette fois-ci, on nous donne un peu plus de groove avec le piano sur un tempo qui ne ralentit pas une seconde, bien au contraire.
Gloria Morti fait preuve d'audace dans sa musique, d'initiative et de synthèse dans sa composition. Ce style, tantôt death mélodique ou brutal, puis black mélodique un peu thrash, leur permet de présenter quelque chose de rafraîchissant . Le seul petit bémol serait le manque d'air sur l'ensemble, mais cela ne gâche en rien la puissance de l'album. C'est franchement pas mal du tout.
Pour la pochette de l'album, même si on ne distingue pas tout (à trop vouloir tout superposer avec photoshop, on ne s'y retrouve plus!), on voit bien malgré tout qu'il s'agit de serpent (et là, vous voyez bien que j'ai bien fait de vous parler des boïdés!). Je trouve que le jeu des couleurs vertes et noires est assez sobre et réussi.
Pour finir, je rajouterai qu'un troisième album est en cours de création...