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Chronique et review de l'album Androjungleous de Glaukom Synod.

Glaukom Synod

"Androjungleous"

(autoproduction -- 2006)

pochette de l'album Androjungleous de Glaukom Synodimage élargie - pochette de l'album
Glaukom Synod - "Androjungleous"
Voici ici le projet de fou de Gabriel, qui n'est autre que le maître de l'underground dans l'Hexagone, celui qui depuis des années nous dégote des démos et des albums de brouuutal death, de grind mais aussi de black metal à des prix défiant toute concurrence au travers de Nihilistic Holocaust distro et zine.
Glaukom Synod, c'est un projet musical, oui j'ai bien dit musical, qui erre dans un monde indus bruitiste, noisy et parfois minimaliste. Ici, vous ne trouverez que froideur et désolation, vous n'aurez pas de riffs de guitares au feeling de « posers » ou de batterie technique.
Non, Glaukom Synod, c'est particulier, ça ne s'écoute pas comme on écoute la musique habituellement. La première écoute peut faire vraiment très très peur, on a l'impression d'être en plein milieu d'une usine de ferronnerie, mais où il y aurait aussi de la mécanique, des horlogers, un maréchal ferrand, les services départementaux en train de réparer un canalisation de gaz qui aurait laissé échapper une fuite en faisant exploser le bitume et la moitié d'un quartier d'habitation... C'est un peu tout ça à la fois, une multitude de samples entremêlés intelligemment tout de même, pour construire un univers et un style totalement singulier.
A travers ce constat bruitiste, on découvre pleins de petits détails ajoutés aux samples qui viennent surprendre l'oreille comme sur « Genome Cancroïde » et cette cloche incessante pendant le morceau. C'est un peu comme si les passages les plus indus et bizarres de Godflesh ou Skinny Puppy étaient venus à la rencontre de Placenta et de No Past pour rendre plus doux le bruit que peuvent faire des machines industrielles.
Ce qu'il faut faire au travers de « Androjungleous », c'est en fait chercher à quoi correspondent les bruits, vous pouvez jouer pendant des heures en essayant de tout écrire sur un papier !!!
Toute la démo n'est pas comme ça, puisqu' un titre comme « Androjungleous » est beaucoup plus structuré ; sur ce genre de morceau, il existe un fil conducteur qui reproduit la rythmique tout le temps du morceau et c'est autour de celle-là que viendront se greffer les samples de bruits, de guitares ou de voix. C'est d'ailleurs un des meilleurs morceaux de la démo et sans doute un des plus abordables. Il est vraiment malsain et endoctrinant, alors que « Propulse » sera beaucoup plus electro et « Oestropathologia » beaucoup plus orchestral et martial sur un fond de voix grind noisy.
Pour écouter Glaukom Synod, il ne faut pas avoir d'a priori et que les âmes sensibles s'abstiennent largement. Cette accès à la musique ne sera véritablement pas considéré comme de la musique pour certains peut-être, mais le côté « true evil » est sans doute beaucoup plus présent ici que chez certains black metalleux .
Je n'irai pas jusqu'à dire que j'écoute Glaukom Synod régulièrement, ce n'est pas vrai car j'aurais trop peur de faire griller mon cerveau par un lavage intempestif, mais c'est une approche intéressante de la musique. Cela remet en cause pas mal de choses dans la construction musicale ; c'est un peu la même chose que lorsque Ludo Lejeune (oui, tout le monde ne connaitra pas Evil Omen Records et le split « Vociferous and machiavelian hate » ou les albums de Demoniac) a créé Melek-Tha. Au départ, c'était hyper dérangeant ; sauf que depuis le temps, le projet de Ludo a fait sa route et a attiré pas mal de monde dans sa course.
Ouais, si vous aimez le côté sombre et ritualistique de Melek-tha en y ajoutant plus de passages indus bruitistes grind electro, je pense que vous serez à même de comprendre la portée de Glaukom Synod.

Arzhu Decibels Storm - janvier 2009
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