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C'est
sur l'une des intros les plus lugubres qu'il m'ait été donné
d'entendre que s'ouvre ce nouvel opus tant attendu du dépressif
Herr Morbid et ses nouveaux amis. Et lorsque résonne le premier
titre véritable, "Kill life", on est immédiatement frappé par
une chose: la "suéditude" du son ! Je n'irai pas par quatre
chemins : on ne retrouve qu'en filigrane l'esprit qui habitait
les précédents albums du groupe. Lorsque le tempo se ralentit,
oui, on se replonge alors dans les méandres habituels de la
déliquessence sprituelle qui est la marque du combo. Mais sinon,
quelle drôle d'affaire tout de même... Entre ce son tranchant,
ces passages tonitruants qui n'auraient pas déparé dans le répertoire
d'un Nagflar ("Love's burial ground", "Forgotten Tomb MMIII")
et ces harmonies de guitares katatoniennes ("Alone"), on est
quelque peu décontenancé... Mais loin de s'apparenter à une
critique, ces remarques sont au contraire là pour témoigner
de la capacité de renouvellement de Forgotten Tomb qui aurait
très bien pu se complaire dans une course au plus glauque avec
Shining et qui, en ces lieu et place, donne un grand coup de
pied dans la barre pour l'envoyer haut, très haut, dans les
sphères de la musicalité. Après tout, le créneau post Burzum
étant déjà très saturé, cette ré-orientation est tout aussi
maligne que bienvenue. D'autant plus, je le répète, qu'Herr
Morbid n'oublie tout de même jamais de nous gratifier d'ambiances
d'outre tombes désormais servies sur lit de mélodies travaillées
et ciselées ("House of nostalgia"), avec toujours ces vocaux
d'un autre monde, solides liens avec la blackitude la plus corrosive.
Simplement, le son est dorénavant d'une heavitude incroyable,
délaissant les délices des élancements pour ceux du coup de
scalpel. Les true crieront au scandale tandis que les mélomanes
applaudiront, conscients de la fantastique métamorphose qui
vient de s'opérer sous leurs yeux. Forgotten Tomb vient de foutre
un sacré coup de pied dans la fourmilière du heavy metal dépressif
ET extrême, reprenant le travail où Katatonia l'avait laissé
après "Brave Murder Day", le dilettantisme en moins. La parole
est désormais à Dissection. |