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Chronique et review de l’album Animal Factory de Fleshdoll.

Fleshdoll

"Animal Factory"

(pervade productionsmanitou - 2010)

pochette de l’album Animal Factory de Fleshdollimage élargie – pochette de l’album
Fleshdoll - "Animal Factory"
Il ne faut pas croire tout ce que l'on vous raconte à la télé, Toulouse n'est pas une ville aussi rose qu'il n'y paraît, et ils n'ont pas tous l'accent chantant. Je connais un groupe qui existe depuis maintenant onze années, qui préfère largement le rouge au rose, et qui chante beaucoup plus guttural sur ses terminaisons.
Fleshdoll n'a pas perdu de toute sa puissance et de sa splendeur durant la décennie qu'il vient d'affronter.
Arborant fièrement les couleurs d'un death metal à l'ancienne comme on pouvait en cueillir dans tous les champs européens et outre atlantique dans les années 90's, Fleshdoll ne renie pas ses origines.
En effet le death metal, comme on pouvait le penser, le boire, le manger, le sentir, ou tout simplement l'écouter, dans les années 90's, n'est pas en train de refaire surface, il a toujours été là. Et c'est avec la sortie de ce « Animal Factory » survenue fin 2010, qui vient succéder à un « WOARG » déjà congratulé à l'époque, que Fleshdoll met le second pied à l'étrier afin de chevaucher vigoureusement vers les terres austères de la vallée de la mort.
Quoique l'on peut en penser, Fleshdoll, ce n'est pas du brutal death ou du death brutal, c'est juste du death metal. Du death avec ses rythmiques écrasantes, au son de guitares réellement gras, dont le graillon est aussi tenace que l'odeur putride d'un cadavre resté plus d'un mois dans le désert du Colorado, liquéfié par la chaleur et bouffé par les charognards en rut.
Point de grandes techniques au cours des neuf titres, longs d'à peine moins d'une quarantaine de minutes, point de brutalité compressée qui ne pourrait que gâcher le plaisir d'écoute répétée pendant de longues heures, point de facette moderne ou néo-moderne et opportuniste. Fleshdoll assume une recette maintes et maintes fois utilisée mais qui finalement fait toujours son effet et qui plait à la plupart des amateurs de death metal traditionnel.
Cet album ne se complait pas à nous balancer de simples chansons de death metal sans âme, au contraire, plus qu'une âme c'est une véritable raison d'exister que l'on aperçoit en écoutant ces pistes.
On découvre à travers les titres de véritables inspirations qui piochent aussi dans le heavy metal ou le thrash, ce qui permet à l'album de prendre une tournure originale dans un style standard reconnaissable, offrant à celui-ci la capacité de séduire la plupart des auditeurs y ayant jeté une oreille dessus.
L'aération et le groove font évidemment partie de la partie, permettant ainsi de chasser toute tentative de prétexte qui pourrait clamer un certain ennui à un moment donné de l'écoute.
On voyage réellement durant l'écoute de ce « Animal Factory », car si l'album débute sur des classiques du genre à la guitare rappelant les old Vader, avec « No beat so fierce », « Bite me fan boy », possède des aspects on ne peut plus mélodiques. L'énorme passage presque heavy qui succède aux envies cannibaliennes principales du morceau offre une tout autre dimension au titre.
Que dire d'autre si on nous passe en revue tous les bons plans qui nous ont fait adorer ce style extrême, entre des idées rythmiques et de solo à la Morbid Angel sur « L.P.S » et du down tempo mortellement multidimensionnel sur « Transmission 11 », Fleshdoll réussit l'exploit d'offrir de la qualité dans son écriture, de la qualité dans sa production, et du talent dans ses inspirations. C'est cette manière de découper ses morceaux plus particulièrement comme sur « Go dig your grave in your sand », en y insérant des passages alternés par une ambiance très exotique, accentuée par les samples et des mid-tempos pesants, que ce groupe arrive à faire de sa musique quelque chose de très personnel malgré pourtant des arguments « classiques ».
Alors voilà, j'aurai eu cet album plus tôt entre les mains, il est indéniable qu'il aurait fait partie des immanquables de 2010. En plus avec une pochette en totale adéquation avec la thématique de l'album, Fleshdoll montre que les aînés ont encore tellement de choses à dire, que les mèches, et les hurlements de fillettes de certains peuvent rester dans leur cocon ou le embryon, leur temps n'est pas encore venu. Le death metal domine, le death metal est la musique extrême.
Total respect.

Arzhu Decibels Storm - mars 2011
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