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FALLEN "Tragedy's Bitter End"
(the end records - 2005)
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Le ciel s'assombrit subitement, une pluie fine coule le long des carreaux, un corbeau se pose subrepticement sur l'arbre d'en face, un bruit sourd résonne aux loin dans les montagnes noires... Que se passe-t-il ?
Bizarrement, tous ces évènements ont débuté lorsque j'ai commencé l'écoute du nouvel album de Fallen. Et encore une fois, bizarrement, Fallen joue du doom funéraire ! Cela aurait-il un lien quelconque et avéré avec cette pluie persistante, ce corbeau narquois et ces sifflements inquiétants ?
Enfin, concentrons nous sur cette offrande morbide et désespérée que constitue "Tragedy's bitter end". Dotée d'un artwork sombre, classieux et énigmatique, un chant perché et parfois plus profond, une production atomique qui rivalise de puissance avec n'importe quelle production suédoise bien en vue, cet album impressionne et interpelle d'entrée de jeu !
A ce titre, jetons un coup d'œil sur les textes… magnifiques, et déclamés avec tant de souffrance et d'émotions négatives. Bien sûr, et heureusement serais je tenté d'ajouter, ils ne reflètent en rien une éventuelle joie de vivre et sont l'œuvre d'un poète nordique répondant au doux nom de Einar Fredriksen. Ceux-ci expriment à merveille des sentiments torturés, profonds et empreints d'une nostalgie indéniable.
Voilà déjà de nombreux éléments qui m'incitent à prêcher ouvertement en faveur de ces Norvégiens inspirés !
D'autant plus que Fallen est différent musicalement de ses compères d'infortune de Shape Of Despair, Rapture, Thergoton, j'en passe et des meilleurs, orfèvres en matière de doom plombé comme seuls les habitants des froides et inhospitalières contrées du Nord de l'Europe savent si bien le faire.
Plus fin, moins dense, tout en restant direct et monolithique, puisque c'est cela que l'on attend fondamentalement d'un bon disque du style, cet album prend profondément les tripes de l'auditeur pour ne les relâcher, sous forme de steak haché noirci, qu'à la fin du dernier morceau.

Finalement, lorsqu'est venu le temps de se séparer de Fallen, une réflexion prend forme en toute objectivité et sans partialité ; "Le salut dans ce style si délicat passe-t-il nécessairement par la Norvège, la Suède et la Finlande ?".
En ce qui me concerne ; la question est aujourd'hui définitivement réglée.

Saint Vitus peut être fier, ses rejetons sont en pleine forme, qu'on se le dise !

 
Clem
Decibels Storm - avril 2005