Le
ciel s'assombrit subitement, une pluie fine coule le long
des carreaux, un corbeau se pose subrepticement sur l'arbre
d'en face, un bruit sourd résonne aux loin dans les montagnes
noires... Que se passe-t-il ?
Bizarrement, tous ces évènements ont débuté lorsque j'ai commencé
l'écoute du nouvel album de Fallen. Et encore une fois, bizarrement,
Fallen joue du doom funéraire ! Cela aurait-il un lien quelconque
et avéré avec cette pluie persistante, ce corbeau narquois
et ces sifflements inquiétants ?
Enfin, concentrons nous sur cette offrande morbide et désespérée
que constitue "Tragedy's bitter end". Dotée d'un artwork sombre,
classieux et énigmatique, un chant perché et parfois plus
profond, une production atomique qui rivalise de puissance
avec n'importe quelle production suédoise bien en vue, cet
album impressionne et interpelle d'entrée de jeu !
A ce titre, jetons un coup d'œil sur les textes… magnifiques,
et déclamés avec tant de souffrance et d'émotions négatives.
Bien sûr, et heureusement serais je tenté d'ajouter, ils ne
reflètent en rien une éventuelle joie de vivre et sont l'œuvre
d'un poète nordique répondant au doux nom de Einar Fredriksen.
Ceux-ci expriment à merveille des sentiments torturés, profonds
et empreints d'une nostalgie indéniable.
Voilà déjà de nombreux éléments qui m'incitent à prêcher ouvertement
en faveur de ces Norvégiens inspirés !
D'autant plus que Fallen est différent musicalement de ses
compères d'infortune de Shape Of Despair, Rapture, Thergoton,
j'en passe et des meilleurs, orfèvres en matière de doom plombé
comme seuls les habitants des froides et inhospitalières contrées
du Nord de l'Europe savent si bien le faire.
Plus fin, moins dense, tout en restant direct et monolithique,
puisque c'est cela que l'on attend fondamentalement d'un bon
disque du style, cet album prend profondément les tripes de
l'auditeur pour ne les relâcher, sous forme de steak haché
noirci, qu'à la fin du dernier morceau.
Finalement,
lorsqu'est venu le temps de se séparer de Fallen, une réflexion
prend forme en toute objectivité et sans partialité ; "Le
salut dans ce style si délicat passe-t-il nécessairement par
la Norvège, la Suède et la Finlande ?".
En ce qui me concerne ; la question est aujourd'hui définitivement
réglée.
Saint
Vitus peut être fier, ses rejetons sont en pleine forme, qu'on
se le dise !