

Falkenbach - "En Their Medh Riki Fara"
Cette année-là, en 1996, Emperor me ravageait l'esprit depuis deux ans avec le sublime « In the nightside eclipse » et Immortal me prenait aux tripes avec un « Blashyrkh » sur « Battles in the North ». Alors arriva le premier album de Falkenbach, dont je ne connaissais pas les démos sorties auparavant. Et pourtant, ce one man band n'était pas tout nouveau car Vratyas Vakyas avait sorti une première démo en 1989...
A cette époque, No Colours, label underground grandissant et connu pour être très orienté black metal, sort donc sa huitième production en réalisant « En Their Medh Riki Fara ».
Falkenbach fut une découverte fantastique: ce groupe présentait un black metal très folk et très viking qui apportait une touche nouvelle et intéressante dans le monde du black metal de l'époque, si l'on met de côté bien évidemment Summoning ou Mortiis.
Le booklet est en noir et blanc ; en ces temps anciens, il n'y avait pas trop de moyens et de toute façon, pour la grande majorité des productions black metal de l'époque, elles étaient quasiment toutes en noir et blanc, ce qui donnait l'aspect malsain et l'ambiance très sombre de cette musique. Pour la petite histoire, il y a eu deux éditions de cet album, justement à cause de ce manque de moyens ; la deuxième version était meilleure. Je peux vous confirmer que la photo du sieur, sur la première version, avec des pixels bien pourris était à pleurer, mais c'était roots.
Le logo, lui, était forcément excellent puisque réalisé par Christophe Szpajdel en personne, connu pour avoir fait ceux de nombreux groupes tels que Emperor, Enthroned, Moonspell parmi tant...
Musicalement, la musique de Falkenbach sur ce premier album n'est pas très technique mais ce n'est pas l'effet recherché.
L'album débute par une introduction digne d'un « Odens ride over Nordland » de Bathory ... « Galdralag » commence donc par une arrivée à cheval très épique. Les premiers riffs laissent à penser à un black primitif et malsain, mais cette impression s'estompe rapidement , ces derniers laissant la place grande aux mélodies viking et rythmiques folk qui font la magnificence de Falkenbach.
La séduction est immédiate ; la musique de Falkenbach est prenante même si le son n'est pas le meilleur qu'il puisse y avoir. Ce premier titre montre le côté pernicieux de sa musique avec des vocaux exclusivement black.
A partir de « Heathenpride », qui est le morceau le plus long de l'album avec une durée de 8' 40, on commence aussi avec une petite intro folk, et là, ô émerveillement, le chant de Vratyas Vakyas est clair , il chante bien même !!! Tout au long du morceau, il alterne des choeurs clairs avec sa voix black sur des rythmiques de guerriers nordiques. Il n'est pas question ici de vitesse ou de démonstration de technique mais plutôt de poser une atmosphère viking avec tout l'environnement culturel qu'il faut. La fin du morceau est encore plus folklorique, avec un ralentissement du tempo et une arrivée de claviers proches de Summoning.
« Laeknishendr » est de la même portée, très agressive au premier abord pour ensuite se calmer avec une guitare acoustique qui amène la mélodie viking à son paroxysme. Ce titre sera repris plus tard sur « Heralding the Fireblade ».
L'album monte en puissance au fur et à mesure des chansons... « Ultima Thulee », la plus courte, arrive à mi-chemin de l'album, pour trancher celui-ci et annoncer la deuxième étape.
C'est sur la divine et splendide « Asum Ok Alfum Naer » que se poursuit ce chef-d'oeuvre avec cet instrumental guidé par une flûte de pan omniprésente pour accompagner les guitares rythmées par la volonté d'imposer le monde traditionnel de Falkenbach. Les samples d'orage et de tonnerre complètent l'atmosphère glaciale.
Alors que « Winternight » est plus orientée vers un black traditionnel en conservant malgré tout les ingrédients folk/viking qu'on a pu avoir depuis le début, on termine donc par « Into the Ardent Awaited Land », chanson avec des vocaux clairs et une atmosphère plus brumeuse sur les nappes de claviers.
Le premier album de Falkenbach, même s'il n'a pas bénéficié d'une super production, reste encore aujourd'hui un superbe album qui n'a pas pris une ride. Falkenbach (signifiant « Le ruisseau des faucons ») n'avait pas fini de faire parler de lui ; la preuve en est à ce jour: 4 merveilleux albums nous ont été offerts...