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Vous vouliez du culte ? Et bien vous voilà servis avec Excruciation ! Véritables pionniers du thrash européen, ceux-ci ont connu une existence relativement courte (de 1984 à 1991) mais ont essaimé ci et là quelques perles d’agression technique. N’ayant eu l’occasion de les découvrir lors de leurs sorties initiales, je ne m’épancherais pas en compliments, ni en insultes sur leur cas. Libre à vous de vous procurer leur best-of « Anno domini - Anthology of the past » si vous souhaitez en savoir plus à ce sujet.
S’ensuit une longue traversée du désert de quatorze ans, puis par un beau matin de printemps 2005, voila que l’idée surgit, là, sans détours ! Et si on reformait Excruciation ? Ni une, ni deux, voilà que tout ce petit monde se rassemble puis sort un cd-limité (pour les fans hardcore je suppose) « Arise » afin de remettre les pendules à l’heure.
Un an plus tard, l’album officiel de la reformation est enregistré en Italie avec un producteur renommé qui m’est totalement inconnu. Puis masterisé par les mimines expertes de Jim Morris dans son antre floridienne du Morrisound.
Et ?
Le retour d’Excruciation s’avère dispensable. Il est de ces come-backs à l’effet d’annonce, qui ne restitue en rien l’ancienne aura glorieuse, se contentant de rentrer docilement dans le rang des suiveurs peu inspirés. Aux croisées du thrash old-school, du doom monolithique et du death basique, cet « Angel… » ne trouve ses marques à aucun moment, s’empêtrant dans un fatras de riffs convenus, éculés, sans saveur. Ajoutez à cela, la voix horripilante du chanteur, aux fraises la plupart du temps et vous aurez l’incarnation idéale du retour dont personne ne veut. Après tout, quatorze années de silence, c’est un peu beaucoup pour espérer un retour en grâce ? Non ?
Fort peu nombreux sont ceux et celles qui les attendaient patiemment, au coin du feu. Alors à quoi bon se reformer si c’est pour proposer ce genre de disques dénué d’un quelconque intérêt ?
En ce qui me concerne, la page Excruciation est définitivement tournée.
Tant qu’à faire, un petit conseil, si vous tenez vraiment à vous faire une idée de ce qui constitue la quintessence du thrash helvète de la grande époque, procurez-vous le « RIP » de Coroner ou le « Choir of horrors » de Messiah, vous ne devriez pas être déçus du voyage. |