Deux flashbacks pour le prix d’un !
Avis à tous les amateurs, nostalgiques mais résignés, du death suédois vieille école, levez-vous, unissez-vous et vibrez à l’unisson de ces deux galettes sorties d’un autre temps !
Oui, rappelez-vous, allez faites un effort, les studios Sunlight, les artworks de Dan Seagrave, « Left Hand Path » en guise de genèse, ça y est vous y êtes ? Bien, on ne bouge plus maintenant !
Imaginez, si ces deux albums étaient sortis il y a quinze, oui quinze ans pile-poil, ils n’auraient vraisemblablement eu droit qu’à un accueil poli, mêlé d’indifférence et d’agacement tant le contexte ne s’y prêtait plus. Saturation, asphyxie, le mouvement death croulait sous les formations toutes plus conventionnelles et intéressées les unes que les autres. Pas évident de s’y retrouver dans tout cela, à moins de placer sa confiance en des noms établis, Grave, Entombed, Dismember, Edge Of Sanity et consorts.
Quoiqu’il en soit, nous sommes aujourd’hui en 2007 et une bonne rasade de death old school, ça fait toujours du bien par où ça passe !
Commençons par Evocation.
Une démo sortie en 1992, élue par le pape Skogsberg comme la meilleure démo qu’il ait eu l’occasion d’enregistrer, puis silence radio pendant plus de dix ans. 2007 ?
Retour des vétérans avec « Tales from the tomb »…
Maintenant, fermez les yeux, appuyez sur « play »… une intro typique, lointaine puis « The dead » déboule avec son riff monolithique, Entombed ? « Chronic hell » et son riff mélodique et enjoué le suit, Edge Of Sanity ? Que nenni ! Tout simplement Evocation !
Bref, on pourrait continuer le tracklisting en y plaçant d’autres noms familiers mais ce ne serait rendre justice à nos chers suédois. Car, une fois la dimension de l’hommage dépassée, on découvre un album solide, certes classique mais vraiment enthousiasmant, comportant également quelques surprises rythmiques qui lui apportent un réel plus. Oh j’allais oublier, l’artwork est signé... Dan Seagrave et, en fin de parcours, vous pourrez vous régaler d’une reprise, « But life goes on » de qui vous savez, magistralement mais fidèlement interprétée. Le son grassouillet à souhait achèvera de convaincre les plus réticents.
Evocation, voilà un nom à retenir pour tout fan de death nordique qui se respecte.
A votre avis, que peuvent faire ensemble d’ex-membres de Centinex, le batteur-live de Grave et le vocaliste de Remasculate ? Du modern-jazz ? De la pop fadasse ? Non, du death suédois à n’en plus pouvoir, aux tendances modernistes !
Et oui, contrairement à son petit collègue évoqué plus haut, Demonical marie habilement les sonorités de ses aînés en y ajoutant nombre de blasts et une puissance de feu… panzérienne, qui le rapprochent parfois plus du brutal death, voire du grind ! Imaginez Entombed ou Grave s’imprégnant des velléités barbares de Nasum (l’intense « Revel in misanthropia ») et vous aurez une petite idée de la teneur de « Servants of unlight », redoutable et taillé pour le live. Produite au Necromorbus, repère de bon nombre de formations black-métal (Watain, In Battle et co) cette galette jouit d’un son atomique, tout en restant fidèle à la tradition ! Enorme ! Ajoutez, quand même, pour l’hommage une petite reprise des précurseurs d’Onslaught, sobrement intitulée « Death metal » et vous voilà en présence d’une fine équipe qui ne fait, certes, pas dans la dentelle mais qui se révèle terriblement efficace. A peine trente-cinq minutes au compteur, une rage jamais démentie, une puissance cataclysmique… Bande de barbares va !
Hail Sweden !