

Ethereal Blue - "Essays in Rhyme on passion and ethics"
Petite trouvaille grecque en 2005, par le feu label Deadsun Records, avec un premier album « Black Heart Process », Ethereal Blue, refait surface cinq ans plus tard avec un successeur au titre relativement long.
Ce nouvel album de musique atmosphérique, un peu doom/death, un peu black atmosphérique, rappelle dans les mélodies qui accompagnent les vocaux clairs, celles qui étaient tirées de l'esprit de On Thorns I lay des premiers albums. Mais au delà de ce rapprochement étrange, on ressent avec la musique de Ethereal Blue, que ses compositeurs aiment à partir dans des choses expérimentales et progressives.
La couleur de leur metal prend des tons plus sévères, et quand elle aborde le style death atmosphérique on se retrouve à penser à Opeth, avec une note un peu plus simpliste peut-être mais avec des harmonies toutes aussi savoureuses. Tel est le cas sur « Mother Grief », morceau qui entame l'album avec une longueur d'un peu plus de dix minutes pour bien prouver à l'auditeur que Ethereal Blue écrit une musique expérimentale.
C'est un voyage intéressant qui se fait avec les seulement six chansons de cet album, qui totalisent malgré tout quasiment une heure. On se sent en plénitude complète, avec une écoute simple qui pourtant nous oblige à être attentif aux moindres étapes de progression. « Ethics » est beaucoup plus mélancolique que la première chanson, où le chant clair prend un petit peu le dessus, avec toute la tristesse que l'on peut trouver dans les groupes de death/doom atmosphérique.
Mais comme on l'a répété plus haut, c'est ce côté progressif avec cette envie de toucher à tout, qui fait l'identité de ce groupe. Un morceau ne va jamais dans une seule direction, il part tous azimuts à la recherche de l'exploitation du riff qui bien que mélodique apporte une patte bel et bien personnelle. On y retrouve quelques réminiscences incongrues de Arcturus peut-être aussi sur certains passages aérés. Mais Ethereal Blue, offre une dimension très exotique à ces compositions.
C'est un album très appréciable, difficilement percevable, mais qui est intéressant techniquement.
Lorsqu'on apprécie le genre de virage à Enslaved, quelque chose d'intelligent, lorsqu'on apprécie les idées à la On Thorns I Lay, Arcturus ou autre Opeth, il est possible de penser que Etheral Blue puisse vous intéresser.
Car il y a des moments comme sur « John Wood », le groupe donne libre cours à des envies folles, presque jazz « manouche ».
Oui, on peut dire qu'avec autant d'éclectisme composé de cette manière Etheral Blue a écrit un album somptueux, techniquement et musicalement, où on ne s'ennuie pas un seul instant et où on découvre des ouvertures vers quelque chose d'autre que la simple association de courants musicaux. D'autant plus que les titres font tous plus de 7 minutes et avoisinent les 10 minutes pour la plupart, cela donne une marge suffisante à Ethereal Blue pour montrer son art sur chaque chanson.
Accompagné par un artwork aussi mélancolique que l'on puisse avoir dans le courant doom,mais véritablement noble, ce groupe est bourré de talent qui pourrait en surprendre plus d'un. Je vous invite activement à suivre le mouvement et surtout les sorties de ce groupe, parce qu'ils ont quelque chose qui fait la différence.