

Eternal Deformity - "Frozen Circus"
Quelle claque en découvrant cet album !!!
C'est un pur chef-d'oeuvre, nous avons ici une référence de musicalité, de talent, de technique et de classe.
Eternal Deformity s'est formé en 1993, ils sont Polonais et « Frozen Circus » est leur quatrième album ; les autres étant sortis en 1997-1999 et 2002. Je ne sais absolument pas ce qu'ont pu donner ces albums, d'autant plus qu'au tout début le groupe était plus tourné vers le doom. Mais, au fur et à mesure des années, ils ont évolués vers une musique beaucoup plus personnelle et originale.
En tous les cas « Frozen Circus » m'a procuré beaucoup de plaisir et d'émotions.
Si le logo n'est pas le plus complexe ou le plus beau, il y a eu un gros effort de fait sur la jaquette. Celle-ci est de toute beauté avec une palette dans les tons de bleu, offrant un sentiment glacial, spatial, justement en rapport avec le titre, elle représente exactement la musique de cet album, le concept est parfaitement saisi.
Dès la première écoute, avec le premier morceau « The force of your heart », on accroche immédiatement, on est envoûté par la musique magistrale et divine. On est absolument dans une musique avant-gardiste, influencée tantôt metal progressif, tantôt black symphonique mais aussi technique, on pense immédiatement à des groupes comme Arcturus, ou Samael époque « Passage », ou encore Covenant époque « Nexus Polaris » mais avec une approche moins sombre, et plus heavy peut-être. C'est pour cela que je dis que ce n'est pas black, c'est avant-gardiste et orchestral.
Eternal Deformity attrape l'oreille de l'auditeur et ne la lâche plus jusqu'à la fin de l'album. On se plait à entrer dans leur espace glacial, sur « Unholy divine », on découvre le talent du chanteur ,car au niveau du chant clair, les harmonies sont transcendantes, parfois elles me semblaient proches de celles de Supuration sur le Ep « Still in the sphere » mais avec la majesté de celle d'Arcturus.
Le côté spectacle de cirque est le thème de cet album, il se retrouve énormément sur la chanson « Little 15 » (reprise de Depeche Mode, ndlr). Cette chanson est d'une profondeur et d'une mélancolie poussées à l'extrême, tellement la musique est triste et belle à la fois. On retrouve le côté spectacle de comédie de Tilo Wolff, c'est comme si Lacrimosa venait dans le metal mais en gardant sa griffe unique.
Le chant est d'une grande qualité à mon goût.
Ensuite il est certain que pour les ambiances le clavier y est pour beaucoup, mais ô combien utilisé avec intelligence et parcimonie.
La maturité des musiciens est indéniable tant leurs chansons sont parfaites et riches en émotions. Les passages plus extrêmes restent eux aussi très mélodiques et stellaires. Le côté « passage » de Samael se ressent plus sur le morceau « Thor's message » les riffs sont plus saccadés, la voix est plus black.
Les 42 minutes de cet album sont trop courtes pour découvrir le talent de ce groupe et plusieurs écoutes sont indispensables pour apprécier toutes ses capacités et s'apercevoir qu'on n'avait pas fait attention à tel passage ou tel instrument ou encore tel petit truc.
On termine sur « Lovelorn », qui offre toute la tristesse de Eternal Deformity, c'est pour cela qu'ils sont aussi intéressants, c'est qu'en fait malgré leur évolution personnelle, ils ont conservé ce côté triste que l'on retrouve dans le Doom, cela donne à leur musique une tout autre dimension.
Franchement rien n'est à jeter dans cette production, vous pouvez l'acheter les oreilles fermées.