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Chronique et review de l’album The Berserks Legion Defiance de Eternal.

Eternal

"The Berserks Legion Defiance"

(obscure domain -- 2009)

pochette de l’album The Berserks Legion Defiance de Eternalimage élargie - pochette de l’album
Eternal - "The Berserks Legion Defiance"
Bon allez, on va se la faire patriote un peu... Voici Eternal , un groupe lyonnais. J'ai l'impression qu'il y a une sacrée fourmilière de bons groupes du côté de Lyon, c'est une ville qui se bouge pas mal question metal, concerts ou formations. Je pense à Destinity, The Oath, Hysteria évidemment pour ne citer qu'eux... Et donc Eternal c'est un groupe formé de quatre musiciens, dont deux jouent également chez Hysteria, et si vous ne connaissez pas, ben faudrait peut-être aller faire un tour du côté de leur site, bordel !!!!
On ne va pas tout vous faire non plus, faut sortir un peu, s'intéresser aux groupes,aller aux concerts, porter des t-shirts, faire le fan de base et ne pas acheter que le dernier Metallica.....!!...
Il y a une petite demo qui est sortie en 2005 du nom de « Satanic Templars of the Dark Age », que je n'ai pas écoutée, mais dont la front cover était pas mal du tout... Entre celle-ci et ce premier album, il n'y a rien.
Donc il aura fallu à Eternal 4 ans pour sortir son premier album. C'est Obscure Domain, un label allemand qui m'a foi, comme ça n'a pas l'air trop mal et produit des groupes de death et il n'y a pas de place pour les petites filles, c'est du death bien méchant, sans frou frou...
On a donc affaire à un produit de qualité, et si l'on y regarde de plus près, le travail a été quand même bien fait et surtout réalisé par l'équipe de « Demmerde-toi tout seul », en direct de « je fais tout moi même » land.
En effet c'est Eternal et Vincent Petitjean qui n'est autre que le guitariste du groupe qui ont produit, enregistré, mixé cet album à la force du « poignet »... Alors ce n'est pas de la branlette...
Non seulement cette production dont le son est honorable, a été réalisée par les membres du groupe , mais l'artwork cover alias la pochette donc ainsi que le layout sont de Matth et si je ne dit pas de bêtises (ça m'arrive hein ?!) il s'agit du chanteur grogneur du groupe.
Eternal réussit une chose qui se fait de plus en plus, c'est de proposer un produit véritablement issu de leur propre travail artistiquement, musicalement, techniquement...
Alors « The Berserks Legions Defiance » est sorti au mois d'avril, et se présente comme un album de death metal pur. Eternal ne vient pas chercher les grosses complications pour créer des riffs ultra mélodiques ou se cacher derrière des claviers, ou faire des blasts toutes les deux secondes... Non, Eternal joue un death metal puissant aux rythmiques brutales, mais également lourdes. C'est une grosse machine de guerre, c'est auprès d'une tendance musicale au pas de mammouth qu'Eternal va chercher sa hargne. Dans des titres tels que « Elemental » ou « Yog-Sototh », j'ai eu l'impression de ressentir des influences de Morbid Angel avec des rythmiques lentes et mid-tempos, bien morbides en fait et une batterie à contre courant, avec une double régulière et magistrale qui rythme la cadence des morceaux comme un prêtre maya devant son assemblée, en train d'extirper le coeur du sacrifié sur l'autel ou tout le monde est en transe en attendant la fin du supplice. Sur ces deux morceaux, l'ambiance est lourde et malsaine, on ressent bien les caractéristiques de la scène death américaine peut-être un peu floridienne parfois. Les soli sur ces deux titres sont également divins.
On se sent dans le bain avec cet album, les groupes comme Morbid Angel, Immolation, Vital Remains des débuts, se retrouvent je pense, dans les idées de Eternal, sans pour autant être flagrant, mais les inspirations doivent se situer dans ces eaux là....Ou alors je me fourvoie et je n'ai plus qu'à prendre ma hache et me couper la tête...
Même si tout au long des 8 morceaux, on a droit à des accélérations de killer, la musique de Eternal se singularise par, pas mal de mid-tempos qui viennent argumenter la personnalité du groupe. J'ai pris mon pied d'abord sur l'ambiance de « Tetragramaton », sur son solo torturé et hennissant sorti tout droit de la Bay Area et aussi à 4'15, après l'accélération quand la rythmique vient se la péter un peu à la Grave.
En plus de ça, les titres de cet album sont relativement longs, c'est clair, ils durent environ cinq à six minutes pour la plupart. Il n'y a que sur « Four Doors Of Perception » qui est plus courte où Eternal n'a pas le temps de jouer aux ambiances sombres et crache un death encore plus rapide et brutal pendant trois minutes. Et aussi « And we march through limbo » qui sert d'instrumental très étrange mais toujours dans un esprit sinistre et embrumé...
Jusqu'à la fin Eternal gardera cette ligne de conduite, mais c'est vrai que le titre « Eternal Conviction » qui vient clôturer cet album se démarque un peu du reste, même si ce reste est bon. « Eternal Conviction » débute comme les autres titres, dans le death brutal, mais c'est sur ce titre que Eternal crée la surprise, car à mi-parcours du morceau une ambiance mélodique vient pointer le bout de son nez. On est toujours dans un voyage similaire aux autres chansons, mais cette fois-ci le mid-tempo se fait nettement plus mélancolique. La mélodie qui ressort est superbe, les guitares, le solo sont magnifiques et le thème est totalement onctueux. On pourrait même dire qu'on s'approche d'un blackened death suédois, avec une touche moins abrupte que le reste de l'album.
Le seul bémol dans tout ça, car ce n'est ni une critique ni un reproche, c'est le chant de Matth. J'eu tant aimé qu'il soit un tout petit peu plus fort, ça m'a fait repensé au « Mortal Throne of Nazarene » de Incantation, un chant un peu en retrait... A part ça : Respect.
La France regorge de groupes plus ou moins intéressants, plus ou moins bons, tous les goûts sont dans la nature effectivement, et Eternal fait partie des groupes qui peut-être n'auront pas toute l'attention de medias à plus grande notoriété, des groupes qui n'auront peut-être pas une promotion énorme. Mais je suis content d'écouter, de connaître cet album, parce que je ne me suis pas ennuyé un seul instant, et à chaque chanson mon intérêt n'a été que grandissant pour finir sur une dernier morceau encore meilleur.
Alors si vous n'avez pas la paresse de le faire, aller faire un tour sur leur site pour découvrir leur musique, si vous n'avez pas l'avarice douteuse, procurez vous cet album qui est à un prix dérisoire, et si vous supportez la scène metal et underground bougez vos petites fesses délicates pendant qu'il est encore temps, ce n'est pas quand vous aurez des couches pour l'incontinence qu'il faudra se réveiller...

Arzhu Decibels Storm - décembre 2009
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