 |
On
pourra dire ce que l'on veut d'Immortal, mais ils ont tout de
même pondu quelques disques sympa, notamment le très consensuel
"Pure holocaust" et le déjà plus décrié "Battles in the North".
Endstille se
situe clairement à la croisée de ces deux disques. Son black
metal est suffisamment sec, pour instaurer l'ambiance désolée
si nécessaire, et rapide, pour porter la guerre jusque dans
vos enceintes. Le groupe allemand est même très malin car derrière
des attributs épidermiquement true (design noir, lancinance
appuyée), il ne se gêne pas pour utiliser une production plus
qu'audible, une technique tout à fait valeureuse (batterie notamment)
et parfois même, ruse suprême, un arrière goût suédois. On pense
parfois à 1349 dans la démarche. Tout ceci est donc absolument
dépourvu de pitié, dénué de toute tentation humaniste, résolument
tourné vers l'attaque à outrance. Et lorsqu'au détour du titre
le plus long ("Bastard") le groupe se permet de tâter de l'épique
grand siècle façon "Eternal fire", on ne peut qu'applaudir avec
cette retenue caractéristique de celui qui ne parvient pas véritablement
à savourer son plaisir, troublé qu'il est par cette petite voix
qui le titille et lui dit : "eh, rends toi compte : c'est du
costaud". C'est la fois d'après, la surprise passée, que l'on
appréciera le mieux les qualités du disque, et notamment sa
variété. La qualité demande toujours un temps pour devenir familière
au simple mortel. Précipitez vous sur Endstille et son total
black metal, à des années lumière de tout ce qui est cliché,
pompeux et surfait. Du brut pour les brutes. |