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EMPYRIUM " Weiland " (Prophecy productions)

Alexis Kieffer
Les sylvestres Teutons nous reviennent avec un disque conforme à leur dernière orientation en date. Rappelons en effet que depuis longtemps ils ne jouent plus du metal mais une musique entièrement atmosphérique à base de guitares acoustiques, de flûtes, de violon et d'orchestrations. Il ne faut pas feindre d'ignorer que tout ceci constitue la bande-son idéale (et réelle ?) des réunions clandestines de boys-scouts tendance S.A., évoquant autour d'un feu de camp et dans une ambiance de franche camaraderie l'esprit des immortels esprits des forêts germaniques…Face à cette réalité, les réactions les plus courantes sont d'une part le rejet total de la musique en raison de sa seule connotation et de l'autre le petit snobisme canaille qui tend au contraire à la sanctifier pour se donner des allures d'esprit libre. Sans parler des crétins qui achèteront en effet ce disque pour accompagner le lecture de publications du genre " Mèche et moustache, le magazine du Führer "… On peut aussi faire savoir haut et fort que l'on n'est pas dupe, tout en ne se privant pas d'analyser la musique. Je n'ai cependant aucune envie de me lancer dans une longue description poétique et transie des sensations qu'elle engendre, et encore moins de vous fourguer des clichés du genre " musique à écouter dans le noir un soir d'hiver ". Disons simplement que, dans un autre genre, à l'instar des albums de Darkthrone ou de Burzum, ce disque laisse de côté toute idée de sophistication et de technicité pour se concentrer sur l'installation d'une ambiance glacée et noire. Il s'agit d'une musique extrêmement dépouillée, sans aucun artifice de production, dans laquelle le dénuement du son est censé retranscrire celui de l'âme. Si l'opération est globalement réussie dans les parties instrumentales, le chant est, lui, excessivement ridicule dans son registre folklorique, façon lieder. Sans parler des séquences dans lesquelles le chanteur chique au frémissement. Chevrotement serait plus juste…Au risque de faire hurler et de faire réagir violemment certains, je dirais qu'à l'instar, encore, de Darkthrone ou de Burzum, cette musique constitue au fond une vaste fumisterie qui, sous couvert d'authenticité, aligne les plans simplistes et naïfs de la part de types qui sont persuadés que leur appartenance à une pseudo élite les dispense de tout effort de créativité. Simpliste pour simpliste, je préfère les Ramones ou les Stooges… Je vais encore me faire des amis…