

Emil Bulls - "Phoenix"
Les Allemands d'Emil Bulls traversent les années et ne s'essoufflent pas. J'en veux pour preuve leur nouvel opus « Phoenix » qui vient célébrer leur quatorzième anniversaire et qui démontre un groupe rempli de vitalité comme au premier jour ! Après sept albums dont un acoustique, notre quatuor démontre une maturité musicale sans précédent. Après un « The Southern Confort » relativement sage et un « Black Path » résolument plus nerveux, « Phoenix » a une place intermédiaire dans leur discographie. « Here Comes The Fire » annonce un album haut en couleur grâce à une intro détonante rythmée par un chant hargneux avec des sonoritées claires. Enfin, les qualitées de Christoph von Freydorf au chant ne sont plus à démontrer après une carrière aussi bien remplie ! Ce premier morceau illustre parfaitement la maîtrise du groupe à faire des chansons avec des constructions musicales élaborées. Le morceau illustre cela grâce à des ruptures de rythme efficace. Le chant sur « When God Was Sleeping » ne cessera de me surprendre par sa qualité ! Cette chanson a d'ailleurs donné lieu à un clip dont je vous recommande le visionnage si vous doutez des capacités de footing du chanteur. Emil Bulls dans « Phoenix » conserve les acquis de « The Southern Confort ». Cela ce ressent d'une part par le choix du producteur qui est tout simplement le même. D'autre part, certaines chansons dont notamment « The architects of my apocalypse » rappelle le « calme » ambiant de « The Southern Confort ». Par ailleurs, Phoenix est l'occasion de confirmer l'excellence du groupe quant il s'agit d'alterner chant crié sur fond agressif et refrain mélodieux. « Ad Infinitum » consacre cela avec une structure intéressante car dotée notamment d'un solo judicieusement intercalé dans le morceau. Il ne faut pas se leurrer pour autant, Emil Bulls demeure un groupe s'adressant un public néo metal / rock alternatif voir même peut être progressif. Ainsi, « Triumph and disaster » brillamment interprétée offre un côté rock alternatif à « Phoenix ». On ressent clairement la légèreté qui était inhérente à certaines chansons de « The Southern Confort ». Cette accalmie continue dans « Man Overboad! The dark hour of reason » en étant toutefois ponctuée de moments légèrement violents. Le groupe porte donc définitivement bien sa qualification d'alternatif. «The Storm Comes In » quant à elle fait office de « filler » à mon sens. La structure est assez basique et le thème abordé quant à lui est éculé. Le groupe se relève rapidement en offrant deux chansons créant une rupture avec le reste de l'album. En effet, « Time » migre vers l'électro tandis que « Nothing in this world » est le théâtre d'une variation appréciable dans le chant de Christoph. « Infecting the program » sonne quant à elle indubitablement néo métal ce qui n'est pas pour me déplaire ! Toutefois, il faut reconnaître qu'elle n'est pas spécialement originale ! Vous l'aurez compris, « Phoenix » est somme toute une synthèse assez fidèle de l'évolution de la carrière d'Emil Bulls. La qualité est au rendez-vous sans toutefois atteindre des sommets. On aurait pu en attendre autant d'eux dans la mesure ou le groupe s'est tout de même retiré plusieurs semaines dans les montagnes pour composer ce dernier. Blague à part, Phoenix ravira les fans cela fait nul doute. En ce qui me concerne, cet album me laisse sur ma faim !