

Emancer - "Twilight and Randomness"
Ce nouvel opus des Norvégiens d'Emancer est intriguant, et avant même d'évoquer la musique, il l'est quant à la composition du groupe. Il s'agit en effet d'un quasi "one man band" puisque le dénommé Mithrin assure l'exécution de tous les instruments, ses deux acolytes n'ouvrant que dans le registre vocal... uniquement lorsque ce n'est pas lui-même qui s'en charge ! Chanteur chez Emancer : un job en or ! Ce disque s'inscrit parfaitement dans la tendance lancée par Enslaved depuis déjà un petit moment et qui veut que le black "différent" se doive désormais d'être avant tout progressif. Car malgré quelques sonorités électro piquetées çà et là, c'est bien à une énième inscription dans les pas d' "Isa" et "Below the lights" que l'on assiste ici. Pas mal foutue d'ailleurs, si l'on excepte un son quelque peu trop étouffé. Harmonies de guitares, changements de rythmes, textures sonores riches : on est en terrain connu. C'est entendu, on peut également citer Opeth, notamment à travers l'utilisation d'un orgue hammond et de passages calmes et atmosphériques. Mais sur l'ensemble, c'est bien le nom d'Enslaved qui me vient le plus à l'esprit. Il ne manque qu'une plus grande aisance à la guitare et, en règle générale, un peu plus de finesse. Car c'est là que le bât blesse. Emancer livre un devoir bien trop académique, trop marqué par ses influences du moment et, certainement, borné par la volonté de son leader de tout assumer. A quelques exceptions près (les passages dynamiques du huitième titre par exemple), ce disque manque de "grinta" et de conviction. Un peu d'aération et de distanciation auraient été, paradoxalement, bénéfiques. La force d'un vrai groupe, en somme.