

Einherjer - "Dragons of the North"
Dans la mythologie nordique, le mot Einherjer, qui est en fait « Einherjar », signifie l'esprit des guerriers morts avec bravoure au combat, l'arme à la main.
Les Valkyries venaient chercher ces guerriers nobles pour les transporter à Asgard, la cité d'Odin. Et comme ils s'étaient bien battus et avaient eu une mort honorable au cours d'un combat, ils pouvaient entrer dans le Valhalla (vous noterez que tous ces noms propres ont une multitude d'écritures différentes), qui était le lieu de destination des valeureux guerriers. Une fois là-bas, ces guerriers pouvaient encore se battre, vu que c'était leur passe-temps favori, mais aussi boire à volonté, manger, se battre encore et renaitre pour... se battre de nouveau. Tout ceci pour une seule raison: attendre le combat final, l'ultime bataille nommée Ragnarök, où des Dieux mourraient, où le monde mourrait pour renaître également, où les cinq cent quarante portes du Valhalla s'ouvriraient pour lutter contre Loki et le loup Fenrir et bon nombre d'ennemis...
Mais Einherjer, c'est aussi un excellent groupe norvégien de viking metal (et oui, évidemment, sinon il n'y aurait pas de chronique de « Dragons of the north » !!!) formé en 1993 par Frode Glesnes à la guitare et Gerhard Sotrsund à la batterie. Le groupe nous a offert une somptueuse démo-tape, « Aurora Borealis », qui fut rééditée en 1996 et 2000, à ne pas manquer !...
Et ensuite, après 4 albums, le groupe a splitté en 2004, pour finalement nous revenir cette année donc on va certainement avoir droit à un nouvel opus d'ici peu...
Einherjer joue du viking metal ; ce n'est pas du black metal traditionnel, d'ailleurs ce n'est pas du black metal, c'est très confiné dans la mythologie nordique, les paroles ne sont axées que sur cela, les premières pochettes d'albums également. Sur les quatre albums du groupe, on va se pencher sur « Dragons of the north », premier album sorti en 1996, qui est peut être le meilleur parce que beaucoup moins brutal et plus brut dans le sens où il puise réellement ses inspirations dans le folklore nordique avec des mélodies on-ne-peut-plus traditionnelles.
Je vous passe la pochette avec motif de dragon comme il y avait sur les drakkars...
En seulement 8 titres, vous serez transformé. Le premier morceau à l'écoute, « Dragons of the north », commence par un rythme barbare: je mets mon casque à cornes sur la tête, ma peau de bête sur les épaules, je finis mon lait de chèvre qui commençait à tourner dans le crâne d'un voisin dépecé la veille et , avec ma hache main gauche et mon bouclier main droite, je commence à danser et à chanter ce refrain guerrier « Dragooooons of the noooooooooorth », gros breaks barbares, des guitares rythmées au son de la batterie comme un tam tam sur les navires qui donnait la mesure pour les esclaves qui ramaient. Le chant à peine rauque mais assez clair est entrecoupé de voix à la Storm, une pure joie, ça y est, je suis un viking !!!!!
« Dreamstorm » commence avec une guitare acoustique pour symboliser un repos guerrier bien mérité mais rapidement, les mélodies viking décollent et là, la musique de Einherjer prend toute son ampleur, on accroche tout de suite, c'est magique, profond et barbare. Du pur viking metal.
Ça se poursuit avec « Forever Empire »... Les thèmes des chansons sont vraiment bien trouvés et on a chaque fois l'impression d'être au milieu d'un champ de bataille parmi les Einherjar et les Berserker...
Il n'y a pas vraiment de rapidité sur les titres, ni de riffs complexes, ce n'est pas l'objectif du groupe; ce qu'ils veulent, c'est composer une musique véritablement adaptée à la mythologie et se mariant magistralement aux légendes nordiques.
L'usage de la guitare acoustique à tendance hispanico-norvégienne sur « Conquerer » vous emmène dans un autre monde, avec des nappes de claviers qui entourent le morceau parfaitement en lui donnant un aspect plus planant.
C'est sur « Fimbul Winter » que la musique se fait un peu plus agressive, à peine plus Black, même au niveau du chant. Enfin, jusqu'à la fin de l'album, de toute façon, c'est jubilatoire. « Slaget Ved Harfsfjord » sera plus dans le trip de l'album suivant, très folk.
L'album se termine par « Ballad of the swords », qui, comme son nom l'indique, est une ballade avec quelques somptueux passages agressifs et violents. Elle referme la porte du Valhalla comme si nous avions fait le tour de ce qu'il y avait à voir et que le voyage est terminé...
La production de cet album n'était pas mal du tout, le son était très bon puisqu'ils sont allés au Grieghallen Studio. Les instruments sont tous limpides et un effort a été fait sur la basse qui se laisse bien percevoir.
Depuis 1996, on a certainement fait mieux mais « Dragons of the north » reste une référence du genre...