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Drawn
And Quartered joue la musique que Morbid Angel devrait jouer
si Trey Azagthoth n'avait pas brusquement cru que son aura était
devenue si aveuglante qu'il pouvait se permettre de ne plus
composer ses disques autrement qu'en compilant ses propres anciens
riffs...
En résumé, D.A.Q ('scusez...) livre ici un disque qui contrairement
au dernier Morbid Angel :
- sent la charogne
- crée une ambiance glauque
- ne se finit pas par des instrumentaux débiles
- ne contient pas de remplissage
- va de l'avant
- fait peur
Et surtout, surtout, surtout (et là, ce n'est pas uniquement
Morbid Angel qui est visé), le son réussit cet exploit d'être
hyper crû sans jamais, mais alors jamais, paraître cheap. Je
le dis, D.A.Q réinvente un son death metal. Et pour être bien
sûr qu'on me comprenne, je citerai un disque : "Symphonies of
sickness" de Carcass. Bien que le style soit totalement différent
(quoique certains passages hyper heavy...), c'est bien ce même
équilibre entre clarté et fétidité qui est atteint avec brio.
Ce LP est ce dont le death-metal a accouché de plus pur depuis
longtemps. Il se tient avec maestria à égale distance des niaiseries
qui polluent désormais notre belle scène européenne et des bourrinages
spinaux nord et centre-américains. Ici, la malséance s'étale
avec style, la crudité évite la vulgarité, le puissance sort
des tripes et non du studio. Ici, voyez-vous, on prend ses responsabilités.
Ici, le blast n'est pas juste utilisé pour faire joli, mais
parce qu'il est la seule façon d'encadrer la fougue foudroyante
des guitares, qui tant en riffs qu'en chorus pratiquent le viol
systématique du conduit auditif. On met ses tripes sur la table,
mais avec ordre. "Return of the black death" est pour moi l'archétype
du disque de death littéralement inattaquable, imputrescible
et référentiel. Et le fait, qu'à l'instar de "Necroticism-descanting...",
il s'achève sur deux minutes de riffs hyper heavy ne fait évidemment
qu'allonger le filet de bave qui s'écoule de ma bouche déjà
bée pour une bonne semaine au moins... |