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DRAWN AND QUARTERED "Return of the Black Death"
(moribund records - 2004)
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Drawn And Quartered joue la musique que Morbid Angel devrait jouer si Trey Azagthoth n'avait pas brusquement cru que son aura était devenue si aveuglante qu'il pouvait se permettre de ne plus composer ses disques autrement qu'en compilant ses propres anciens riffs...
En résumé, D.A.Q ('scusez...) livre ici un disque qui contrairement au dernier Morbid Angel :
- sent la charogne
- crée une ambiance glauque
- ne se finit pas par des instrumentaux débiles
- ne contient pas de remplissage
- va de l'avant
- fait peur
Et surtout, surtout, surtout (et là, ce n'est pas uniquement Morbid Angel qui est visé), le son réussit cet exploit d'être hyper crû sans jamais, mais alors jamais, paraître cheap. Je le dis, D.A.Q réinvente un son death metal. Et pour être bien sûr qu'on me comprenne, je citerai un disque : "Symphonies of sickness" de Carcass. Bien que le style soit totalement différent (quoique certains passages hyper heavy...), c'est bien ce même équilibre entre clarté et fétidité qui est atteint avec brio. Ce LP est ce dont le death-metal a accouché de plus pur depuis longtemps. Il se tient avec maestria à égale distance des niaiseries qui polluent désormais notre belle scène européenne et des bourrinages spinaux nord et centre-américains. Ici, la malséance s'étale avec style, la crudité évite la vulgarité, le puissance sort des tripes et non du studio. Ici, voyez-vous, on prend ses responsabilités. Ici, le blast n'est pas juste utilisé pour faire joli, mais parce qu'il est la seule façon d'encadrer la fougue foudroyante des guitares, qui tant en riffs qu'en chorus pratiquent le viol systématique du conduit auditif. On met ses tripes sur la table, mais avec ordre. "Return of the black death" est pour moi l'archétype du disque de death littéralement inattaquable, imputrescible et référentiel. Et le fait, qu'à l'instar de "Necroticism-descanting...", il s'achève sur deux minutes de riffs hyper heavy ne fait évidemment qu'allonger le filet de bave qui s'écoule de ma bouche déjà bée pour une bonne semaine au moins...
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - decembre 2004