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Chronique et review de l’album Mechanics de Dr. Ravioli.

Dr. Ravioli

"Mechanics"

(autoproduction - 2010)

pochette de l’album Mechanics de Dr. Ravioliimage élargie – pochette de l’album
Dr. Ravioli - "Mechanics"
On connaissait Dr Feelgood, Dr Folamour, Dr Frankenstein ou encore le Dr Petiot mais que nenni de Dr Ravioli. Au départ j'ai cru à un objet promotionnel, un DVD improbable ventant les mérites d'une nouvelle pâte en forme de stétoscope né du cerveau halluciné d'un créatif de chez Barilla ou Panzani. Mais non, Mechanics c'est tout simplement de la musique. Instrumentale et intéressante. Pas forcement faciles d'accès sans être franchement hermétiques, les sons délivrés par les quatre apprentis médecins nous plongent dans un climat sonore vaguement post-rock oscillant entre un côté math core pour les passages jazzy et syncopés, un côté festif, un côté sombre et métallique quelquefois opressant (« Braindead », « Scissors » et même émo sur un titre « Cannibal ») mais aussi un côté « musique de l'est » (digne de Kusturica sur « Going nuts ») et inspecteur gagdet. C'est tout dire. Une production artistique hautement protéiforme et « difficilement identifiable » (dixit Dr. Ravioli lui-même). Une sorte de rock expérimental sans vraiment en être un puisque il est en finalité auditivement accessible même s'il est vrai qu'il faut assurément plusieurs écoutes pour le digérer. On retiendra deux choses essentielles de « Mechanics » : une technicité qui sert au plus près et surtout à bon escient des constructions mélodiques et rythmiques assez complexes (« Fetish) »et intelligemment composées, une démarche créative VRAIMENT originale qui sort de tous les sentiers battus et un fil mélodique qui permet de faire sens et à l'auditeur de ne pas décrocher malgré les nombreuses digressions qui ponctuent ce LP. Pas de doutes, les quatre docs de l'équipe Ravioli sont des musiciens talentueux qui en l'espace d'une production se sont créer une identité musicale forte et originale en imaginant un univers équivoque, loufoque et sérieux à la fois, bref difficile à cerner. Bravo. Mais ( et malheureusement il y en a un ) malgré toutes ces éloges, un sentiment vient ternir ces propos dithyrambiques : l'absence d'émotions procurées par cet album que j'ai dû écouter une bonne dizaine de fois. Je ne suis pourtant pas réfractaire aux groupes instrumentaux, au contraire, j'apprend à les apprécier de plus en plus au fur et à mesure de mon évolution musicale . Mechanics est rationnellement bon, je devrais théoriquement vraiment accrocher. Mais il manque quelque chose pour que je frissonne réellement et je suis malheureusement dans l'incapacité de vous dire quoi, bref il y a quelque chose qui ne colle pas. La qualité très moyenne de la production ne vient pas aider. A coup sûr, le son manque de relief, dommage. Mais ceci n'explique pas tout... à vous de voir. Ou plutôt d'écouter.

Guiyomm Decibels Storm - mars 2011
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