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Dingue ! Dolorian ose reprendre son ouvrage exactement au même endroit que celui auquel il l'avait quitté la dernière fois.
Certains diront : "donc, nulle part".
Je ne dirai jamais assez comme je comprends ces réactions d'hostilité.
Cependant, non seulement je ne les fais pas miennes, mais en outre, je pense le contraire.
Sur ce disque, Dolorian change un (tout petit) peu la donne en appuyant plus ses guitares, même lorsqu'elles ne sont pas saturées. Et ces dernières sont elles-mêmes beaucoup plus présentes. Comme dans ce deuxième titre qui envoie gravement la purée à partir de la moitié du morceau, dans une espèce de copulation saturationniste entre la guitare et la basse, sur un rythme de fer donné par une batterie imperturbable. Ce disque est, du coup, sans doute leur plus consistant. Et le plus violent aussi, car le chanteur, lorsque cela lui prend, délaisse sadiquement les murmures pour adopter un chant black possédé et semblant provenir de l'arrière salle d'une officine des tortures. Le sommet de l'album me semble atteint sur le long sixième titre (plus de dix minutes) au cours duquel Dolorian use à la perfection de sa qualité la plus flagrante, je veux parler de son sens de l'ampleur. Chaque seconde de ce titre est remplie avec une intelligence rare, le groupe étirant le temps avec une délicatesse inouïe. Les sonorités sont d'une richesse affolantes et le tout est, encore et toujours, enchassé dans une batterie d'airain.
Et lorsque sur le huitième titre cette entreprise se voit secondée par un orgue maladif, le malaise touche son paroxysme pour atteindre des niveaux jusqu'alors peu envisagés.
Ce disque est proprement hallucinant de violence et de totale absence d'égard pour l'autre. On tient là une des plus grandes réussites du genre glauque. |