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DIVISION ALPHA "Replika"
(holy recs)
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A l'époque de la sortie de son deuxième album, "The Dekta Release", j'avais prédit à Division Alpha la constitution prochaine d'une discographie à la solidité godfleshienne. Sans me faire totalement mentir, ce nouveau disque rend cependant la prédiction plus délicate. Certes, Division Alpha possède toujours cette capacité à créer une ambiance. Et c'est déjà en soi une énorme qualité. Peut-être même la plus importante. L'essentiel est donc sauf, et l'objectif atteint à 80%. Aucune discussion là dessus. Mais il reste ces fameux 20% qui font qu'un disque propulse son auteur dans la catégorie des références inéluctables. Ces 20% sont ce mélange difficile à décrire entre âme, flair, habileté et évidence. Or, et même si j'ai conscience de ce que c'est peut-être volontaire s'agissant d'un disque à vocation mécanique, il manque à "Replika" une âme. Il lui manque ce courant d'empathie qui se crée entre l'auditeur et les très grandes œuvres, fussent-elles noires et hostiles. Les grands disques d'électro-indus, je veux parler des meilleurs albums de Ministry, Skinny Puppy, NIN, Laibach ou In Slaughter Natives, pour sombres qu'ils soient, inspirent une immense émotion à l'auditeur. "Replika" ne m'inspire pas une émotion de ce calibre. Il en reste au stade de l'ambiance. La faute à des morceaux trop nombreux (15), une voix trop forcée dans le registre "cyber-goth", une impression, grave, que le disque n'en finit pas. Ces compositions ne viennent pas du cœur, relèvent trop du pilotage automatique. Tournent en rond, pour tout dire. J'aurais pu faire mon diplomate en mettant en avant la qualité de la production et du packaging. Vous dire que ce disque vaut mille fois mieux que toute cette merde néo-métal, gothique-pouf' et hardcore-du-pauvre dans laquelle 90 % de la scène française se vautre désormais… Vous dire qu'il vaut cent fois mieux donner 16 euros pour un disque de Division Alpha que 20 pour un immondice du type Evanescence… Certes, mais c'est tellement évident… Et en plus, je l'ai quand même dit !
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - octobre 2003